Falling ★★★☆

John (Viggo Mortensen) a la cinquantaine bien entamée. Il vit aujourd’hui en Californie avec son mari et avec leur fille adoptive. Il a été élevé dans les années soixante dans une ferme isolée de l’Etat de New York par un père violent et par une mère soumise. Ses parents se sont séparés ; sa mère est morte ;  mais son père, Willis (Lance Eriksen), est toujours vivant.
Le vieillard, solitaire et aigri, rumine sa misanthropie. Bien qu’il ait souffert de son ingratitude sa vie durant, John prend sur lui de la lui pardonner.

Vous aimez les feel good movie ? N’allez pas voir Falling. C’est un film âpre, dur, dont on ne ressort pas indemne. Est-ce en raison des déchirures familiales qu’il décrit ? ou des patronymes scandinaves de ses deux principaux acteurs ? J’ai pensé au Bergman de Scènes de la vie conjugale et de Cris et chuchotements.

Le film joue sur deux temporalités. La vie contemporaine de John et son père est éclairée par de longs flashbacks qui racontent l’enfance du jeune homme dans cette ferme qu’on dirait intemporelle, noyée dans un hiver qui semble ne jamais devoir s’interrompre.

Falling se prête aisément à une lecture politique. C’est deux Amériques qui s’affrontent : celle de John, californienne et gay friendly vs. celle de Willis, machiste, homophobe, rurale, le doigt sur la gâchette. L’action se déroule en 2009 juste après l’élection d’Obama – dont John arbore fièrement le portrait dans sa cuisine tandis que bien sûr Willis, qui le traite de « nègre », l’a en détestation. Elle pourrait tout aussi bien se dérouler dix ans plus tard et mettre face à face pro- et anti-Trump.

Mais Falling est avant tout un drame familial poignant. Sans se presser, avec un classicisme qui n’est pas sans rappeler la manière de filmer de Clint Eastwood, Viggo Mortensen dont c’est le premier film est allé sonder les recoins les plus sombres de sa propre bibliographie pour raconter cette histoire. Il s’en est expliqué, dans un français impeccable, aux spectateurs du Forum des Images venus le regarder en avant-première l’avant-veille du couvre-feu en octobre 2020. J’avais le privilège d’en être. Merci monsieur Mortensen !

La bande-annonce

3 commentaires sur “Falling ★★★☆

  1. Ce n’est p sans appréhension que je suis allée voir Falling ; la grande Vieillesse me gêne et me fait peur ; et puis , Viggo Mortensen passant derrière la caméra …pour faire quoi ? du Clint Eastwood ? Viggo , découvert en cinéclub avec History of Violence ; retrouvé avec Reda Kateb dans Loin des Hommes : quelle claque ! Et puis ,un soir ,une interview tv où il m’est apparu comme qqun de rare ,un Grand Humain.
    Le film se construit sans brusquerie ,insiste sur les situations ,les émotions d’hier et actuelles où le père odieux ruine la vie des siens ; un destructeur !
    Dans le rôle du vieillard ,Leif Erikson est magistral ; dans le rôle du fils devenu gay , Viggo est bien cet homme rare qui comprend bien les choses.
    En tant que cinéaste ,il signe là
    un Grand Film !

  2. Ping Page non trouvée | Un film, un jour

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