
Un jeune adulte souhaite retourner sur l’île déserte où il a passé un hiver avec son père. Une pilote d’hydravion l’y accompagne.
Quelques années plus tôt, encore adolescent, le jeune Roy (Woody Norman) accepte d’aller passer une année avec son père, Tom (Swann Arlaud), dans le chalet que celui-ci vient d’acheter à mille lieues de toute terre habitée.
Qui l’a lu se souvient du choc qu’il a ressenti à la lecture de Sukkwan Island. C’était en 2010 un livre publié par un éditeur quasi-inconnu, Gallmeister, et qui en assit la notoriété. Il obtint le prix Médicis étranger et se vendit à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.
Il est surprenant qu’il ait fallu plus de quinze ans pour le porter à l’écran. Cette adaptation est signée d’un réalisateur français, Vladimir de Fontenay remarqué en 2018 pour son premier film Mobile Homes. Il est allé tourner au nord de la Norvège ce film avec une équipe cosmopolite (un Français, un Britannique et l’actrice finlandaise d’Amours à la finlandaise et des Feuilles mortes).
Le résultat est déconcertant. La raison en est peut-être le souvenir plus ou moins précis que chaque lecteur avait gardé du livre et le fameux choc de la page 113. Ce choc – dont on ne dira rien à ceux qui ne l’ont pas lu – est remis en cause dès la première scène du film qui questionne notre mémoire du livre autant que la liberté prise par son adaptation. Tout s’éclaire à la fin qui replace le livre dans la biographie de son auteur et du drame qu’il a vécu en 1980. Mais ce cheminement, bigrement malin, est beaucoup trop alambiqué pour le lecteur du livre qui se souvient simplement d’une robinsonnade qui tourne mal, d’un tête-à-tête entre un gamin de treize ans et un père inapte qui, au fur et à mesure, révèle sa dangerosité.
Le film aurait dû, à l’instar du livre, assumer la radicalité de ce duo. Dès qu’il quitte l’île déserte, sa sauvage beauté, ses hivers glacés, ses deux seuls habitants, il perd en intensité.








