
Le documentariste Thomas Ellis est revenu dans sa ville natale et y a filmé entre 2022 et 2024 une poignée de mineurs non accompagnés (MNA) que l’Aide sociale à l’enfance des Bouches-du-Rhône accompagne dans leurs parcours d’intégration. Il s’est attaché à cinq d’entre eux : Aminata, une jeune Guinéenne qui a fui un mariage arrangé et qui commence des études d’aide soignante, Abdoulaye et Tidiane, deux frères sénégalais, Khalil, un Algérien dont la piètre maîtrise du français complique l’intégration, Junior, un Sénégalais qui rêve de devenir star de foot mais qui doit revoir ses ambitions à la baisse.
Le documentaire commence par un long plan muet et aquatique à la signification confuse. On imagine, sans en être certain, qu’il s’agit d’images de noyades auxquelles ces immigrés ont peut-être survécu en traversant la Méditerranée. On n’y reviendra pas, le documentaire ayant pris le parti de ne pas interroger ses protagonistes sur la manière dont ils sont arrivés en France.
Le documentaire, comme son titre le claironne, se veut positif. Son titre pourrait être une antiphrase : même si les jeunes assurent au téléphone à leurs parents, restés au pays, que « tout va bien », leur vie en France n’est pas facile. Mais le message du film se veut optimiste. Comme Thomas Ellis l’a raconté lors des dizaines d’avant-premières organisées partout en France l’automne dernier, ciblant les collèges et les lycées, il a voulu se focaliser sur « des parcours d’intégration réussis ».
Faut-il lui en faire le reproche ? Faut-il regretter que, parmi les jeunes que Thomas Ellis a suivis, il ne nous ait pas montré ceux dont l’intégration a échoué, ceux qui ont été renvoyés dans leur pays d’origine, ceux qui ont triché sur leur âge pour obtenir une protection à laquelle ils n’avaient pas droit ?