Invasion ★☆☆☆

Quelques extraterrestres ont débarqué sur notre planète avant son invasion générale et ont pris apparence humaine pour comprendre la psyché de ses habitants. D’un simple contact du majeur, ils volent aux humains leurs « concepts » : la famille, la peur, l’amour…

Ce résumé éveille en vous un souvenir ? C’était le même que celui du précédent film de Kiyoshi Kurosawa Avant que nous disparaissions sorti en mars 2018. Entretemps, le prolixe réalisateur japonais a réalisé sur ce sujet une mini-série en cinq épisodes qu’il ramasse aujourd’hui en cent quarante minutes.

L’impression désagréable d’avoir sous les yeux à un « produit dérivé » dont la dispensable sortie en salles n’a guère d’autre but que d’augmenter la rentabilité d’un filon est le premier reproche qu’on peut adresser à Invasion. Ce n’est pas le seul.

À force d’avoir vu ses films qui sortent à jet continu tous les six mois, on n’est plus dépaysé par le cinéma de Kiyoshi Kurosawa. Avec peu de moyens, sinon un art du cadrage consommé et une musique très travaillée, le réalisateur s’est fait une spécialité de glisser dans les failles d’un quotidien anodin mille angoisses. Il (ré)invente le film gore sans hémoglobine, le film de SF sans petits hommes verts. Au premier, on crie au génie ; au vingtième, on étouffe un bâillement d’ennui car la recette ne révèle plus guère de surprises.

C’est le cas de cet Invasion qui a le défaut de reprendre, à quelques bémols près, la même trame que son précédent film. Avant que nous disparaissions suivait les traces de trois extra-terrestres. Invasion est plus ramassé – sinon par sa durée – qui en suit un seul, le docteur Makabe (le bien-nommé) qui a pris l’apparence d’un immense chirurgien. Pour l’aider dans ses premiers pas sur terre à déchiffrer ces humains décidément bien imprévisibles, il s’est adjoint les services d’un « guide », Tatsuo, qui travaille comme lui à l’hôpital. Tatsuo a une femme, Setsuko, qui se révèle la véritable héroïne du film, autour de laquelle le récit se construit. Car Setsuko possède le don rare de résister aux viols psychologiques des extra-terrestres. Et on comprendra que ce don exceptionnel trouve son origine dans le sentiment qu’elle éprouve pour son mari : l’amour.

On voudrait nous faire acheter – et je l’avais moi-même écrit en conclusion de ma critique de Avant que nous disparaissions – que, sous couvert de parler d’invasion extra-terrestre, le film de Kurosawa interroge d’abord notre propre humanité. Je conclurai avec moins de grandiloquence ma critique aujourd’hui pour déplorer la vacuité métaphysique de ce pompeux discours.

La bande-annonce

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