Nevada ★★☆☆

Roman (Matthias Schoenaerts) purge une longue peine pour avoir laissé pour morte son épouse. En prison, il s’est muré dans le silence, refusant tout contact avec sa fille. Son agent de probation lui propose un programme de réhabilitation : avec une poignée d’autres détenus, il aura en charge le dressage de mustangs destinés à la vente.

Nevada tenait un sujet en or, une histoire vraie dont quelques photos sépia à la fin du film, portent le souvenir : une hippothérapie proposée aux détenus dans les États de l’Ouest américain.

Le film s’intitule The Mustang dans sa version américaine. Le succès inattendu du film turc éponyme obligea Laure de Clermont-Tonnerre à lui trouver un autre titre pour sa sortie en France. Va pour Nevada. Utah ou Colorado aurait également fait l’affaire.

Comme l’affiche n’en fait pas mystère, il repose sur les épaules, musculeuses et mutiques, de Matthias Schoenaerts, qu’on retrouve dans des rôles similaires à ceux qu’il a déjà endossés dans Bullhead, De rouille et d’os et Maryland – et dont on admire au passage la perfection de son accent américain.

Nevada est un curieux mélange entre le film de prison et le film de chevaux. Une sorte de « prophète qui murmurait à l’oreille des chevaux ». Au premier, il emprunte les codes : ainsi du chantage exercé par le caïd de la prison sur Roman, dont le scénario aurait pu faire l’économie. Du second, il copie les tics : les longues séances de dressage, les cavalcades sur la plaine déserte…

La métaphore est parfois pesante : en domptant le fier mustang, le héros cabossé va juguler la violence qui l’étouffe. Comme de bien entendu, cette thérapie le réconciliera avec sa fille. Sa rédemption attendue ne laisse guère de surprise dans un scénario cousu de fil blanc.

Il n’est pas évident que Nevada trouve son public. Les films de prisons, réputés pour leur virile violence, attirent un public plutôt masculin. Les films de chevaux, au contraire, séduisent un public plutôt féminin. 55.000 spectateurs seulement sont allés voir Nevada en première semaine. La deuxième semaine a été un peu meilleure grâce à la fête du cinéma. Mais l’exploitation est globalement décevante.

La bande-annonce

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