La Loi de Téhéran ★★★☆

Le commandant Samad Majidi (Payman Maadi, l’acteur fétiche des premiers films de Ashgar Farhadi), dirige une unité de la brigade des stupéfiants de Téhéran. Il n’a qu’une obsession : coincer Nasser Khakzad (Navid Mohammadzadeh), un caïd de la drogue. Pour y parvenir, il ordonne le ratissage des bas-fonds de Téhéran où croupit une foule hagarde de toxicos. Il espère remonter une filière en arrêtant et en harcelant des intermédiaires : revendeurs, mules, dealers….

Plus de deux ans après sa sortie en Iran et sa projection à la Mostra de Venise, La Loi de Téhéran arrive enfin sur nos écrans précédé d’une réputation flatteuse. Sa renommée n’est pas usurpée. La Loi de Téhéran est un film fort, qui laisse une marque durable sur un public K.O. debout.

Son histoire fait fond sur une situation sociale qui fait froid dans le dos. L’Iran est devenu un pays de toxicos. Just 6.5 est son titre anglais : « à peine » 6.5 [millions] de toxicomanes sont recensés dans la République islamique d’Iran, une faune aux marges de la loi que la caméra virtuose de Saeed Roustayi (trente ans à peine) filme comme une armée de zombies. Deux scènes sont particulièrement impressionnantes : celle du début du film figure sur l’affiche – très moche – et dans la bande annonce ; je vous laisse découvrir le dernier plan du film, tout aussi marquant.

Sur cette toile de fond documentaire, La Loi de Téhéran confronte très traditionnellement un flic obsessionnel et un gros bonnet. La première partie du film est la plus réussie qui raconte la traque du trafiquant. On y croisera notamment trois mules inoubliables, dont on se demande si elles ont été déguisées de postiches ou si les corps qu’on nous montre sont bien les leurs. J’ai moins aimé la seconde moitié du film dont je n’ai pas toujours compris certains rebondissements.

La Loi de Téhéran est mené tambour battant, à un train d’enfer, qui ne laisse pas une minute de répit au spectateur. La tête sous l’eau, il est pris en otage par ce film de plus de deux heures. On ne connaît pas assez bien le tout-venant de la production cinématographique iranienne pour savoir si ce polar nerveux en est représentatif ou s’il est la marque d’un jeune réalisateur de génie dont on attend impatiemment le film suivant.

La bande-annonce

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