Le Fils de l’épicière, le Maire, le Village et le Monde ★★☆☆

Lussas est un petit village du sud de l’Ardèche. Depuis une trentaine d’années, grâce à l’énergie de deux hommes, Jean-Marie Barbe, le président de l’association Ardèche Images, et Jean-Paul Roux, le maire, s’y tiennent chaque été les États généraux du film documentaire. Le documentaire de Claire Simon filme un moment particulier de cette vie associative : la création de Tënk, une plate-forme de vidéos documentaires à la demande, et la construction de L’Imaginaire, un espace de formation et de post-production.

Le Fils de l’épicière, le Maire, le Village et le Monde a une immense qualité : il filme, dans la durée, la vie associative, l’énergie incroyable qu’elle exige, la fierté qu’elle procure quand les objectifs sont atteints, mais aussi la somme de petits tracas quotidiens qu’elle provoque.

Il suscite évidemment notre empathie pour ses deux héros : Jean-Marie Barbe et Jean-Paul Roux sur les épaules desquelles l’entreprise repose. La question de leur succession se pose comme elle se pose toujours, un jour ou l’autre, à ce genre d’entreprises : comment les pérenniser au-delà de leurs pères fondateurs ?

Il montre surtout les difficultés quotidiennes d’une petite structure associative. On imagine le temps qu’il aura fallu à Claire Simon pour gagner la confiance des divers protagonistes, pour poser sa caméra et la faire oublier avant de réussir à filmer ces scènes que nous avons tous vécues un jour ou l’autre dans notre vie professionnelle où, autour d’enjeux parfois obscurs sinon ridicules, les egos s’affrontent, pas toujours paisiblement.

Le documentaire est moins heureux quand il esquisse un parallèle avec le patient labeur des vignerons alentour. On comprend aisément le propos et on n’a ni l’expérience ni l’expertise pour en réfuter la thèse : les agriculteurs de Lussas cultivent la vigne avec la même patience que les employés de Ardèche Images essaient péniblement d’arriver au seuil de 10.000 abonnés qui garantira la viabilité de Tënk. Ce sont les mêmes difficultés qu’ils rencontrent et auxquelles ils doivent réagir, avec un mélange similaire de rouerie paysanne et de fatalisme.

La bande-annonce

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