Loving Highsmith ★★☆☆

Patricia Highsmith (1921-1995) est une romancière américaine dont les thrillers ont souvent été adaptés au cinéma. Elle accède à la célébrité dès son premier roman, Strangers on a Train, dont Alfred Hitchcock tire L’Inconnu du Nord-Express. Son personnage le plus connu est Tom Ripley – dont le documentaire nous apprend qu’il lui a été inspiré par la silhouette d’un homme solitaire aperçu à l’aube sur la plage de Positano – qui inspirera René Clément (Plein soleil) et Anthony Minghella (Le Talentueux Monsieur Ripley).

Le documentaire que lui consacre Eva Vitija est d’une facture très classique. Sans originalité, il alterne les interviews de Patricia Highsmith elle-même, de ses proches et des images d’archives.
Il révèle le poids déterminant dans la construction de la personnalité de la jeune Patricia de sa mère, qui s’était séparée du père de Patricia avant sa naissance et qui n’a jamais donné à sa fille l’amour que celle-ci lui réclamait désespérément.

Loving Highsmith est le portrait d’une écrivaine. C’est aussi le portrait d’une homosexuelle à une époque et dans un pays où le lesbianisme ne pouvait pas se vivre à visage découvert. En 1952, s’inspirant d’une anecdote qui lui était arrivée (elle avait croisé le regard d’une belle inconnue chez Bloomingdale’s) Patricia Highsmith écrit Carol. Craignant le scandale et la réaction de sa mère, elle le publie sous pseudonyme et n’en assumera la paternité que quarante ans plus tard.

Loving Highsmith a retrouvé les amantes de l’écrivaine aux Etats-Unis, en France, en Allemagne et même en Angleterre où elle a acheté un cottage pour se rapprocher d’une femme mariée qui finalement n’aura pas le courage de quitter son mari. Un temps installée en France, à Montcourt, en Seine-et-Marne, Patricia Highsmith en part après d’obscurs démêlés avec le fisc. Elle achève sa vie en Suisse, seule avec ses chats, dans une immense maison sans charme qu’elle avait fait construire en pleine nature. On hésite à considérer que son crépuscule fut serein, comme le documentaire aimerait nous en convaincre, ou profondément neurasthénique.

La bande-annonce

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