Un homme est assis dans un bar. Il griffonne dans un épais cahier noir. Devant lui défilent dix personnes qui lui demandent d’exaucer leur vœu le plus cher : retrouver la foi perdue, guérir un époux malade, recouvrer la vue.
L’homme assis consulte son cahier et passe avec ses « clients » un pacte faustien. Leur vœu sera exaucé à condition de relever un défi. À l’un il demande de kidnapper un enfant, à l’autre de poser une bombe, à un troisième de commettre un viol, etc. Ange ou démon ?
The Place est un double défi.
Le premier est de mise en scène. Comment raconter, sans jamais sortir de l’espace clos d’un café bondé, les rencontres successives d’un homme avec dix interlocuteurs ? Le plus simple, le plus calamiteux aurait été de filmer chaque rencontre en champ-contrechamp pendant dix minutes. Il fallait trouver autre chose. Le réalisateur Paolo Genovese, wonder kid du cinéma italien, y parvient remarquablement en jouant sur le tempo (certaines rencontres sont très brèves, d’autres plus longues), sur l’heure de la journée (certaines se déroulent en plein jour, d’autres dans l’atmosphère plus détendue d’une fin de soirée), sur les séquences (tel client réapparaît plus fréquemment que tel autre) et évite les chausse-trapes du film à sketchs.
Le second est de scénario. Le film est une question : qui est ce mystérieux inconnu ? Quelles pulsions l’animent ? Fait-il le bien ou le mal ? Est-il doté de pouvoirs surnaturels ? Ou n’est-il que l’instrument d’une puissance qui l’instrumentalise ? Le film en pose ensuite progressivement une autre : quels liens existent entre les dix personnages ? les défis lancés aux uns neutralisent-ils ceux lancés aux autres ?
Ces questions tiennent le spectateur en haleine. Son intelligence, sa perspicacité sont mises au défi et l’obligent à une attention accrue. The Place serait génial s’il répondait aux questions qu’il pose. Mais à défaut de le faire, il provoque une frustration similaire à celle que susciterait un puzzle de mille pièces d’un ciel bleu monochrome dont les morceaux ne s’ajusteraient pas.
Mariani Marin (Iacob Ioana) est metteur en scène de théâtre. Elle travaille à la reconstitution du massacre des Juifs commis en 1941 à Odessa par les troupes roumaines pro-fascistes du général Antonescu.
Joseph (Benoît Poelvoorde) a deux fils. Joachim (Vincent Lacoste) peine d’autant à achever ses études de psychiatrie qu’il sort d’une difficile rupture amoureuse. Ivan (Mathieu Capella), de dix ans son cadet, est en pleine crise d’adolescence. Joseph ne va guère mieux. La mort de son frère aîné l’a traumatisé. Il a décidé d’abandonner son métier et de se consacrer à la littérature.
En 1973, l’anthropologue mexicain Santiago Genovés décide de réaliser une ambitieuse expérimentation. Pour étudier les mécanismes de la violence, la façon dont elle naît au sein d’un groupe, se contient ou dégénère, il place six femmes et cinq hommes à bord d’un radeau au milieu de l’Atlantique entre les Canaries et le Yucatán. Pour attiser les tensions, il les choisit de pays, de conditions et de religions différentes, apparie des blondes appétissantes et un prêtre angolais.
En 1977, deux ans après la mort du Caudillo, la jeune démocratie espagnole vote une loi d’amnistie générale qui exonère de leurs responsabilités les auteurs de crimes commis sous le franquisme. Entre l’oubli et la justice, l’Espagne post-franquiste choisit l’oubli. Entre la repentance et la réconciliation, elle préfère la réconciliation.
Léa Pearl (Julia Föry, vainqueur en 2016 des Arnold’s Classic) est bodybuildeuse. Elle est candidate au concours de Miss Heaven. Son coach Al (Peter Mullan révélé par Ken Loach) veille sur elle comme le lait sur le feu, vérifiant son régime, supervisant ses entraînements.
Le 3 février 1976, des militants indépendantistes prennent en otage un bus de ramassage scolaire et ses occupants à Djibouti qui était alors un territoire français ultramarin. Ils forcent le conducteur à les amener à la frontière avec la Somalie. Le bus y est immobilisé tandis qu’une assistante sociale accepte de se constituer otage pour s’occuper des enfants.
Dans un vingt-sixième siècle post-apocalyptique, l’humanité se divise en deux zones aux frontières infranchissables. À quelques milliers de mètres au-dessus de la terre, Zalem, cité inaccessible, est dit-on peuplée d’humains vivant dans un luxe inouï. En dessous d’elle, Iron City est une décharge, construite autour des rebuts déversés par Zalem, qui rassemble la lie de l’humanité, des cyborgs, des assassins et des chasseurs de prime.
Dick Cheney fut pendant huit ans le vice-président de George W. Bush. L’homme, secret et taciturne, est entouré d’un épais mystère. On lui prête la responsabilité de la « Guerre contre la terreur » après le 11-septembre : invasion de l’Afghanistan en 2001, de l’Irak en 2003. La fiction soigneusement documentée de Adam McKay lève le voile sur cet inconnu.
La septantaine bien entamée, Claire Darling (Catherine Deneuve) habite une belle demeure dans un charmant village de l’Oise. Un beau matin, elle se réveille hantée par une prémonition : elle mourra le soir même. Du coup, dans un élan de folie, elle décide d’organiser un vide-grenier pour brader toutes ses possessions matérielles.