Le film à voir cette semaine est un documentaire. Un documentaire sur l’Iran dont j’ai déjà dit ici , pas plus tard que jeudi dernier, dans ma critique de Nahid, combien il nous devenait familier à force de voir des films et des documentaires à son sujet.
Sauf que No Land’s Song n’est pas seulement un documentaire de plus à ajouter à une liste qui deviendrait trop longue.
C’est un aspect particulier de la réglementation iranienne qui est ici en cause : l’interdiction faite aux femmes de chanter en solo devant des hommes. Interdiction insultante, absurde, ridicule. Insulte aux femmes, bâillonnées dans leur expression. Mais insulte aussi aux hommes qui seraient incapables de maîtriser leur désir à l’audition du chant d’une femme.
Sara Najafi, une compositrice iranienne aussi belle qu’intelligente, a décidé d’organiser un concert. Son frère, Ayat Najafi, la filme pendant deux ans, tentant de bureau en bureau d’obtenir des services du ministère de la Culture et de la Guidance islamique (sic) une autorisation constamment refusée. Cette quête don-quichottesque donne lieu à un splendide portrait de femmes. Sara Najafi d’abord. Ses sœurs de combat iraniennes ensuite, notamment ses aînées qui se remémorent avec nostalgie l’époque pré-révolutionnaire où le chant des femmes était autorisé. Et enfin Jeanne Cherhal, Elise Caron et Emel Mathlouthi qui viennent de France pour participer au concert que Sara Najafi organise.
Car il ne s’agit pas simplement de pousser la chansonnette devant un public de militants, truffé de mollahs sourcilleux. Le chant n’est pas un prétexte mais bien une finalité en soi. Et le résultat est splendide, d’un professionnalisme impeccable qui donne envie de se ruer sur la BO du film.
Deux coups de cœur pour le prix d’un. Cinématographique et musical.
Certains films sont aériens, d’autres sont terrestres, d’autres encore aquatiques. Qu’ils se situent dans les cieux, sur terre ou sous les mers n’y change pas grand-chose. Si Les Ailes du désir de Wim Wenders est un film aérien, « La Nuit » de Antonioni l’est tout autant avec ses personnages donnant l’impression de surplomber la dolce vita romaine. In the Mood for Love et Le Docteur Jivago sont deux films terriblement aquatiques où les héros nagent l’un vers l’autre malgré les vents contraires.
« Dune is probably the greatest movie never made ». Dune est probablement le plus grand film
Fuyant la France libérée et les mesures d’épuration, Louis-Ferdinand Céline a trouvé refuge au Danemark entre 1945 et 1951 avec sa femme Lucette et son chat Bébert. Il entame une longue correspondance avec un universitaire juif américain, Milton Hindus, qu’il convainc de rédiger une pétition en sa faveur et de lui rendre visite à Korsør, sur les bords de la mer Baltique. Le film de Emmanuel Bourdieu – fils de Pierre, normalien, agrégé et docteur en philosophie, scénariste des films de Desplechin et réalisateur de Vert Paradis et Les Amitiés maléfiques – raconte cette rencontre.
Des critiques élogieuses ont accueilli le dernier film de Hou Hsiao-hsien. C’est avec beaucoup d’humilité et en reconnaissant par avance mes torts que j’oserai faire entendre une voix discordante.
On se souvient de ces deux faits divers sordides qui, par coïncidence, eurent lieu tous deux en Autriche : la séquestration de Natascha Kampusch pendant huit années et celle, pendant vingt-quatre ans, par son propre père, d’Elisabeth Fritzl qui donna naissance à sept enfants.
Eilis Lacey est irlandaise, jolie et intelligente. Elle saisit la première opportunité pour émigrer à New York, laissant derrière elle sa mère et sa soeur. Installée à Brooklyn, elle se laisse gagner par le mal du pays jusqu’à ce qu’un joli plombier italien l’en guérisse. Mais la vie la rappelle en Irlande.
Dominik Moll s’était fait connaître par son premier film « Harry, un ami qui vous veut du bien » en 2000. Seize ans plus tard, il sort son quatrième seulement.
J’avais beaucoup aimé les précédents films de Félix Van Groeningen – qui, comme son nom l’indique, n’est ni italien ni portugais. La Merditude des choses et Alabama Monroe, une comédie dramatique et un drame non dépourvu d’humour qui avaient tous les deux la truculence et la générosité d’un potjevleesch flamingant.