
Enfant de la DDASS, traumatisé par les familles d’accueil où il a été maltraité, Mikado (Félix Moati), la trentaine, veut à toute force épargner à ses propres enfants les traumatismes qu’il a vécus. Il mène une vie de bohême avec sa compagne Laetitia (Vimala Pons) et leurs deux enfants, Nuage et Zéphyr. Quand le van qui leur sert de logement tombe en panne, ces quatre voyageurs sont accueillis par Vincent (Ramzy Bedia), un professeur de collège endeuillé qui élève seul sa fille, Théa.
Avec Michel Leclerc – dont l’excellent Le Mélange des genres sort aujourd’hui sur les écrans – Baya Yasmi a co-écrit et souvent co-réalisé des films exceptionnels, petits bijoux de comédie prenant un malin plaisir à se rire des travers de notre temps : Au nom des gens, Je suis à vous tout de suite (avec déjà Vimala Pons et Ramzy), La Lutte des classes, Youssef Salem a du succès….
Dans cette filmographie marquée au sceau de la comédie intelligente, Mikado constitue un pas de côté. Ce n’est pas un film drôle. Ce n’est pas un film triste non plus. C’est un film intimiste, co-écrit avec Olivier Adam dont on reconnaît la petite musique triste, tourné dans la chaleur d’un été provençal (à une période de l’année où on peine à croire que le collège de Vincent ne soit pas fermé pour les vacances). Ses héros rappellent ceux de Captain Fantastic, un des tout meilleurs films de la dernière décennie, ou de Leave No Trace : des marginaux qui entretiennent une défiance radicale à l’égard du corps social et ont décidé de construire leur vie à l’écart du monde.
La marginalité voulue de Mikado rencontre celle, subie, de Vincent. Et lentement leurs solitudes s’écaillent et leurs souffrances s’allègent. Le facteur déclenchant est leurs filles respectives qui deviennent amies. Nuage, élevée comme une sauvageonne, découvre avec une fascination mêlée d’effroi la séduisante attraction d’une éducation normale, dans un collège ordinaire, avec des camarades de classe. Théa, la fille de Vincent, tétanisée par la mort de sa mère, trouve dans l’amitié qui se développe avec Nuage, une façon d’exorciser son deuil.
Ainsi présenté, le film semble intéressant. Ce serait bien injuste de dire qu’il ne l’est pas. Mais, hélas, aussi sympathique et bien joué soit-il, il manque de la densité suffisante pour sortir du lot. Desservi par « un scénario faiblard et prévisible, une mise en scène bien plate, des dialogues pauvres et souvent redondants, des situations convenues et une fin attendue qui cède à la tentation du pathos » (l’auteur de ces lignes se reconnaîtra), Mikado dont j’espérais beaucoup, m’a déçu.




La petite ville de Carthage, dans l’est du Texas, a connu dans les années 90 un fait divers retentissant : Bernie Tiede (Jack Black), directeur adjoint de l’entreprise de pompes funèbres municipale, un homme charmant adoré de la communauté, a assassiné Marjorie Nugent (Shirley McLaine), une riche veuve acariâtre dont il partageait depuis quelque temps la vie.
Alors qu’il approche de la cinquantaine, Nicolas Burlaud, un vidéaste marseillais, est foudroyé par une crise d’épilepsie. Une batterie d’examens révèle une alteration de son hippocampe, une structure de l’encéphale qui joue un rôle central dans la mémoire. Cette révélation le conduit à s’interroger sur son travail au sein de la chaîne de télévision locale Primitivi.
Joe, la cinquantaine bien déglinguée, habite New Lodge une enclave républicaine au nord-ouest de Belfast. Il a vécu dans sa chair la guerre civile qui a longtemps fait rage en Irlande du Nord, opposant les protestants, fidèles à la couronne britannique, aux catholiques qui revendiquaient l’unité de l’Irlande. Il y a perdu un jeune oncle, âgé de dix-sept ans à peine, dont la mort en 1975 ne cesse de le hanter. Révolté par le trafic de drogue qui sévit au pied de son immeuble, il a entamé une grève de la faim, similaire à celle qu’avait menée Bobby Sands en 1981.
La Belle Etoile, c’était le nom d’un centre de redressement, à Mercury, au-dessus d’Albertville, dirigé d’une main de fer par un abbé catholique. Placés par la Ddass, André, Michel et Daniel y passèrent une partie de leur enfance et en furent marqués à jamais. La documentariste Clémence Davigo les a retrouvés au crépuscule de leur vie et a recueilli leurs témoignages alors qu’ils tentent d’obtenir de l’Eglise catholique sinon une réparation du moins des excuses.