
Connaissiez-vous Hélène Hazera ? Née garçon en 1952 dans une famille de la grande bourgeoisie du 16e arrondissement, à une encablure de la Cinémathèque où elle fait son éducation, elle échoue au concours d’entrée de l’Idhec, fait sa transition, tapine à Pigalle avant d’entrer à Libération en 1978. Militante anarchiste et situationniste, elle milite au FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire) puis aux Gazolines et à Act-up où, séropositive, elle crée une section trans. Après son départ de Libération, Laure Adler la recrute chez France Culture où elle anime pendant quinze ans Chanson Boum une émission hebdomadaire consacrée à la variété francophone.
Un tel destin méritait amplement un documentaire. D’autant que le personnage, gouailleur et malicieux, portant beau ses trois-quarts de siècle malgré les effets d’une lipodystrophie, un effet collatéral de la trithérapie, qui la défigure, scintille de mille feux devant la caméra, à cause de l’extravagance de ses parures et du feu crépitant de ses saillies.
Hélas, le montage de ce documentaire est bien pataud qui ne donne guère de relief à une vie qui pourtant n’en manquait pas. Judith Abitbol veut à tout prix se mettre en scène alors qu’elle aurait mieux fait de s’effacer : que nous importe qu’elle ait décidé de quitter Paris pour Dieppe ? quel est l’intérêt de ses plans filmés au téléphone de plages de galets et de falaises crayeuses ?








