
Alberta Canova (Luisa Ranieri) dirige avec sa sœur, à Rome, dans les années 70, le prestigieux atelier de couture qu’elle a hérité de sa mère. Spécialisé dans la confection de costumes d’époque pour le théâtre et pour le cinéma, il emploie une dizaine de personnes. Il doit répondre à une commande particulièrement délicate pour un film dont la costumière oscarisée se montre extrêmement exigeante.
Ferzan Özpetek est un réalisateur italien d’origine turque aujourd’hui sexagénaire qui, depuis une trentaine d’années, tourne des comédies romantiques élégantes. Homosexuel affiché, il aime raconter des histoires d’amour et d’amitié entre des hommes et des femmes empêchés par leur milieu social. Ses deux films les plus réussis ont déjà près d’un quart de siècle : Tableau de famille en 2001 et La Fenêtre d’en face en 2003.
Il nous livre avec Diamanti un film intemporel qui lorgne du côté de Douglas Sirk et se pose en hommage autoproclamé aux femmes. Pratiquant une forme de film dans le film, il commence par une joyeuse scène durant laquelle il rassemble ses actrices, ses « diamants », de nos jours à Rome sur sa terrasse, autour d’un déjeuner, pour leur présenter le film qu’il leur propose de tourner ensemble.
Le film vaut surtout par son cadre, cet atelier de couture, cette ruche bourdonnante où le bruit ne cesse jamais. Il vaut aussi par ses actrices – car le film se conjugue exclusivement au féminin – qui ont chacune leur histoire à raconter. On se croirait presque dans un film à sketches avec sa succession de courtes historiettes qui mettent en scène chacun des personnages à tour de rôle.
Cette structure nuit à la cohérence de l’ensemble et au scénario dont le seul fil rouge est la confection de la robe que l’héroïne portera dans la dernière scène du film. On pourrait imaginer que c’est celle de l’affiche qu’en fait on ne verra jamais. C’en est une autre, tout aussi imposante mais nettement moins belle.
Diamanti s’étire sur plus de deux heures. Son format mal calibré porte la marque de son défaut de fabrication. Diamanti ressemble plus à une (mini) série, avec sa foule de personnages et d’intrigues secondaires qu’à un film avec un début, un milieu et une fin.