Ce qu’il reste de nous ★★☆☆

Ce qu’il reste de nous raconte l’histoire sur trois générations d’une famille palestinienne expulsée de Jaffa en 1948.

Sharif, le grand-père, est l’héritier d’une riche famille, cultivatrice d’oranges. La propriété familiale est brutalement expropriée en 1948 après l’indépendance d’Israël. Sharif, sa femme et ses enfants partent s’installer en Cisjordanie. On retrouve Sharif trente ans plus tard en 1978. Il a vieilli ; sa santé présente des signes alarmants de détérioration. L’un de ses fils, Salim (on reconnaît l’acteur Saleh Bakri qu’on a vu dans Costa Brava, Lebanon, Le Bleu du caftan ou Palestine 36) est devenu instituteur. Il est marié à Hanan (Cherien Dabis, la réalisatrice du film). Sharif est très provche de son petit-fils, Noor, qui sera tué dix ans plus tard en 1988 par une balle perdue pendant l’intifada. La mort de leur enfant laisse Sharif et Noor éplorés et les confronte à un choix éthique douloureux.

Il est intéressant de voir la Palestine se pencher sur son passé. On l’a vu il y a deux mois à peine avec Palestine 36, qui racontait, du point de vue des Palestiniens, la rébellion de 1936, prodrome de toutes les guerres à venir autour d’une même terre. On l’avait vu il y a deux ans dans Bye bye Tibériade où l’actrice Hiam Abbas exhumait les souvenirs de son enfance en Cisjordanie. Ce cinéma palestinien, à supposer que cette expression ait un sens car on parle ici de trois films dont les conditions de réalisation et les circuits de distribution n’ont rien à voir, interroge, au lendemain des tueries du 7-octobre et des représailles lancées par Tsahal sur Gaza contre le Hamas.

Ce qu’il reste de nous est une belle fresque intergénérationnelle à la facture très (trop ?) classique. Elle verserait presque dans le mélodrame mièvre sans deux scènes que je veux évoquer sans gâcher la surprise de les découvrir. La première voit un père se faire humilier de la pire des façons devant son fils. La seconde place deux parents éperdus de chagrin face à un dilemme moral dont ils se sortent avec une noblesse qui les honore.

La bande-annonce

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