Ceux qui comptent ★★☆☆

Mère désargentée de trois enfants, Simon Tess et Emilie, qu’elle élève seule depuis la mort de son mari et auxquels la lie un amour inconditionnel, Rose (Sandrine Kiberlain) n’a que son énergie et sa joie de vivre à opposer aux déboires de la vie. Son chemin croise un jour, dans des conditions rocambolesques, celui de Jean (Pierre Lottin), un SDF taciturne et bagarreur qui aimerait qu’on lui fiche la paix.

Tout m’était a priori désagréable dans ce film depuis son titre lourdement subtil (on a vite compris que ceux qui comptent sont à la fois ceux qui peinent à boucler leurs fins de mois et ceux qui sont chers au cœur de Rose), son affiche racoleuse et son scénario prévisible qui verra immanquablement s’attacher l’un à l’autre deux solitaires cabossés. Mon hostilité ne s’est pas adoucie à l’avant-première du film où l’équipe, après une interminable attente, a défilé devant les spectateurs pour dire « Bonsoir et bon film » : à quoi sert de mobiliser l’équipe du film pour marmonner de telles banalités ? Mon irritation est allée grandissant quand on apprend, dès la première moitié du film, son ressort dramatique et qu’on pressent dès lors sa fin inéluctable.

Pour autant j’aurais mauvaise grâce à stigmatiser cyniquement ce film qui recueillera beaucoup de critiques positives. Car c’est un film réussi. Il est fantastiquement bien joué, par son duo de stars, Sandrine Kiberlain et surtout Pierre Lottin, excellent dans le rôle du solitaire taiseux, et par son trio de gamins. Il est surtout très bien écrit. Les dialogues font mouche. Les scènes s’enchaînent sans temps mort. On ne s’ennuie pas un seul instant.

Ceux qui comptent fait rire et fait pleurer. Il le fait avec un peu trop d’application, comme un bon élève qui coche méticuleusement toutes les cases qu’un film réussi se doit de cocher. Mais je serais bien pisse-vinaigre de m’en plaindre.

La bande-annonce

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