
Audrey Dumont (Ana Girardot) est fille d’agriculteur. Son frère, Ronan (Julien Frison), a repris la ferme familiale ; mais le prix du lait qu’on lui achète suffit à peine à maintenir l’exploitation à flot. Cheffe de rayon dans un supermarché du coin, Audrey se voit proposer par son employeur une promotion qu’on ne refuse pas : rejoindre au siège le département achats dirigé par Bruno Fournier (Olivier Gourmet). La directrice générale (Aurélia Petit) lui confie la mission d’y développer la filière bio et local.
La Guerre des prix surfe sur l’air du temps : la malbouffe, les politiques des grandes enseignes qui se livrent une concurrence acharnée pour proposer des prix écrasés à une clientèle paupérisée, les agriculteurs pris à la gorge par des prix de vente trop bas…. Sa bande-annonce, alléchante, pouvait laisser espérer que le sujet soit traité avec finesse.
Hélas La Guerre des Prix sombre vite dans un manichéisme caricatural. Chaque personnage devient sa propre caricature : Ana Girardot en jeune cadre idéaliste victime de ses illusions, Olivier Gourmet en négociateur madré et Julien Frison en agriculteur pris au piège. Car sans aucune surprise, le scénario cousu de fil blanc nous mène exactement là où on l’attendait. Il est construit en trois mouvements et il est tellement prévisible que je ne pense n’en pas divulgâcher grand-chose :
1. La jeune femme, projetée dans un monde qui n’est pas le sien, en découvre progressivement les codes (et y noue une idylle inutile).
2. Elle espère faire bouger les lignes en négociant avec son frère un contrat garantissant un approvisionnement de qualité à un prix juste.
3. La réalité lui revient brutalement à la figure quand les motivations mercantiles de ses employeurs sont dévoilées.
Un point m’a décontenancé, même si je connais mal le secteur privé et les règles de déontologie qui y prévalent : peut-on travailler dans une centrale d’achat et y négocier un contrat avec un fournisseur qui soit son propre frère ? Il me semble qu’il y a, dans cette situation peu crédible, un conflit d’intérêts évident.