
En Seine-Saint-Denis, la maison des femmes, une structure pluridisciplinaire composée de médecins, de psychologues, d’assistantes sociales et d’animatrices, accueille des femmes violentées.
Les violences sexuelles et sexistes ne cessent d’augmenter. Une tardive prise de conscience s’opère. Les pouvoirs publics se mobilisent trop lentement. La création d’une trentaine de maisons de femmes en France métropolitaine et en outre-mer constitue une réponse encore trop timide à ce fléau. L’accent est mis sur l’éducation, la prévention et la pluridisciplinarité : les femmes violentées bénéficient d’un accompagnement au long cours qui soigne le corps et cicatrise l’âme.
Ce premier film fait œuvre utile. Il réunit de nombreuses actrices, dont on imagine volontiers la part de militantisme qu’elles ont mise à leur participation : Karine Viard, Laetitia Bosch, dont décidément j’adore la diction si reconnaissable, Juliette Armanet, qui a probablement validé la pique lancée aux tubes masculinistes de Sardou, Oulaya Amamra, dont on devine dès la première apparition dans quel sens elle évoluera d’ici la fin du film, et Eye Haïdara qui, comme dans les précédents films, n’a pas la langue dans sa poche. Quasiment seul homme dans ce casting 100 % féminin, Pierre Deladonchamps rappelle qu’on peut décliner aussi le féminisme au masculin.
Hélas, on ne fait pas de bons films avec de bons sentiments. La Maison des femmes est certes bien joué, bien écrit et touche souvent juste. Il faut un cœur de pierre pour ne pas se laisser émouvoir et ne pas verser sa larme devant les traumatismes subis par ces victimes et devant la brûlante solidarité qui anime celles qui les soignent. Mais, dans son systématisme à passer en revue l’ensemble des situations rencontrées, depuis l’excision des femmes subsahéliennes jusqu’aux violences conjugales cachées des beaux quartiers parisiens, La Maison des femmes court le risque de se réduire à ce qu’il est : un long clip publicitaire.