Las Corrientes ★★☆☆

Lina est en déplacement à Genève pour y recevoir un prix. Après la cérémonie, elle se perd dans les rues de la ville, traverse le Rhône et se jette d’un pont dans l’eau glacée. Secourue par la police, elle rentre en Argentine auprès des siens et ne leur dit rien de l’épisode. Mais, elle a gardé de sa noyade une phobie de l’eau handicapante.

Las Corrientes est un film déroutant. Il commence à Genève par une série de plans fixes totalement muets. Pas une seule parole n’est prononcée durant les premières minutes du film avant le retour de Lina en Argentine.

Le reste du film ne l’est pas moins qui explore une phobie dont j’apprends qu’elle n’est pas si rare : l’hydrophobie. On imagine combien elle est pénalisante : quelle hygiène corporelle peut-on maintenir sans bain ni douche ? Le film pourrait se réduire à cela. Mais il prend une dimension étonnante dans sa dernière demi-heure lorsque [attention spoiler] le passé de Lina/Catalina est exhumé et lorsqu’elle retrouve sa mère biologique. La phobie de Lina prend alors une dimension inattendue qui trouve son explication dans un passé qu’elle n’aura pas réussi à étouffer.

J’ai été longtemps désarçonné par ce film et par son faux rythme languide. Je l’ai d’abord trouvé insipide et fuyant, comme s’il s’était perdu dans son sujet. J’ai même failli décrocher lors d’une scène interminable qui se termine au sommet du Palacio Barolo, monument emblématique de la skyline portègne. Mais le dernier quart d’heure et les clés d’explication qu’il suggère donnent à Las Corrientes une profondeur captivante.

La bande-annonce

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