Julian ★☆☆☆

Fleur et Julian s’aiment passionnément. Elles décident de se marier et de renouveler leur engagement dans tous les pays ayant légalisé le mariage homosexuel. Mais le cancer de Julian mettra un terme prématuré au « projet 22 ».

Dans le livre autobiographique de la belge Fleur Pierets, le cancer de Julian et son issue fatale sont annoncés dès la première page. Dans le film de Cato Kusters, ces informations nous sont données un peu plus tard, la première scène étant celle du coup de foudre entre les deux femmes, dans une salle de théâtre. Mais le sens des deux œuvres est le même : ce sera une ode à la femme tant aimée et trop tôt disparue.

Evidemment, un sujet aussi fort, aussi dramatique ne pourra laisser insensible, sauf à avoir un cœur de pierre. On ne peut qu’être emporté par l’amour immense que Fleur et Julian se portent ; on ne pourra qu’être ému par la maladie incurable diagnostiquée à Julian, par sa fatale issue et par le soutien infaillible que lui offrira Fleur jusqu’à ses derniers instants.

Mais c’est paradoxalement l’indiscutable puissance de ces deux moments – l’amour et la mort – qui prive ce film de tout espace. Le spectateur n’y a plus le choix. Il est sommé. Sommé de reconnaître combien Fleur et Julian s’aiment. Sommé de compatir à leur triste destin. Or, le cinéma a besoin d’espace. Le cinéma a besoin de laisser au spectateur le choix, d’aimer ou de ne pas aimer, de compatir ou de ne pas compatir.

C’est cet espace qui manque à Julian. D’autant qu’on peine à comprendre le projet que les deux femmes entendent mener à bien : se marier dans les vingt-deux pays qui, à l’époque (ils sont désormais trente-huit et on espère que leur nombre ira croissant), reconnaissaient le mariage des personnes de même sexe. Certes le projet est une sympathique invitation au voyage. Mais quel en est le sens ? quel en est le but ?

La bande-annonce

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