Oleg Nikitin atterrit à Bruxelles. Avec d’autres ressortissants de l’Europe de l’est, il travaille dans une boucherie de gros près de Gand. Mais, suite à un accident dont il est injustement accusé, il perd son emploi. Andrzej, un Polonais, accepte de l’héberger avec d’autres immigrés dans le pavillon qu’il est en train d’aménager. Mais la relation se tend avec le refus persistant d’Andrzej de payer à Oleg son travail.
Le cinéma balte ne s’exporte guère. On connaît quelques réalisateurs lituaniens (Shaunas Bartas et, dans la jeune génération Alanté Kavaité dont j’avais beaucoup aimé Summer). On avait découvert le cinéma estonien avec l’étonnant Crosswind de Martti Helde [on visitera avec profit à Tallinn un des musées du cinéma les plus intéressants au monde]. On n’avait jamais vu de film letton. C’est chose faite avec Oleg, projeté à la Quinzaine des réalisateurs en mai dernier à Cannes.
Hélas Oleg ne donne pas l’occasion d’entendre cette langue si belle – que mon épouse polyglotte manie avec une aisance qui force mon admiration, si on m’autorise ici cette confidence. Car Oleg parle russe. Il fait partie de cette minorité russophone repliée sur elle même et peinant à s’assimiler avec le reste de la population lettone.
La langue est d’ailleurs un enjeu dans le film où l’on en entend au moins six : le russe, le letton (parlé par une troupe de comédiens en tournée à Bruxelles à laquelle Oleg tente de se mêler le temps d’une soirée), le polonais, le français, le flamand, et bien sûr l’anglais, la langue que l’on utilise quand on ne sait pas en parler d’autres.
Oleg est un film éprouvant, qui documente le sort des immigrés d’Europe de l’est. Citoyens de l’Union européenne, ils peuvent y circuler librement à condition que leur pays leur délivre un passeport – ce qui n’est pas le cas d’Oleg qui doit obtenir, grâce à Andrzej, un faux passeport polonais. Mais, ensuite, il leur faut trouver un travail, dans des pays qui n’ont à leur proposer que des emplois sous-qualifiés et ingrats. Oleg le boucher devra bon gré mal gré travailler sur les chantiers puis dans un garage.
Aucune avanie n’est épargnée au héros que le réalisateur suit caméra à l’épaule en longs plans séquences façon Dardenne. Après la perte de son emploi, il tombe bientôt en quasi-esclavage auprès d’Andrzej, un caïd psychopathe qui alterne brusquement éclats de rire et cris de rage. Aucune planche de salut pour Oleg : ni chez cette compatriote croisée à Bruxelles qui le met à la porte quand elle apprend son statut, ni chez ses colocataires polonais ou russes qu’Andrzej exploite en échange de quelques bouteilles de vodka et un lit pour cuver.
On est bientôt écrasé par tant de noirceur. Et l’intérêt ne se maintient que dans l’anticipation de la prochaine humiliation que le malheureux Oleg devra encaisser.
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