
Anis (Hakim Jehili) est un adulescent secrètement traumatisé par la mort de son meilleur ami, Isma, trois ans plus tôt. Gentil loser, glandeur professionnel, soudé à ses deux amis, Paulo et Sekou, il est incapable de construire une relation sentimentale apaisée. Tout change quand il rencontre Madeleine (Laura Felpin).
L’amour c’est surcoté. C’est surtout survendu. Première nous vend le film comme le meilleur du mois. Adapté du roman éponyme de Mourad Winter, le film est censé réinvéter les codes de la romcom.
Certes les punchlines crépitent, aussi rapides dans leur débit (il faut régler son sonotone pour, à mon âge, arriver à toutes les comprendre) que dans leur rythme. On ne s’y ennuie pas. On rit parfois, mais pas toujours, soit qu’on ne les ait pas entendues (voir le sonotone supra) soit qu’on en ait pas saisi le sens.
Bien sûr les acteurs sont attachants : Hakim Jemili, en nounours cachant ses cicatrices derrière un déluge de blagues plus ou moins affûtées et surtout Laura Felpin, épatante de naturel. Mais hélas, le traitement de l’histoire est désespérément convenu. Le titre du film nous faisait espérer autre chose : une autre façon de concevoir le couple, comme on le lit parfois dans les essais sociologiques qui analysent la vie amoureuse des millenials, hors des catégories traditionnelles de l’amour et de la sexualité. Mais hélas, son titre doit platement se lire par antiphrase : L’amour c’est surcoté est la millième comédie romantique qui raconte – comme cette semaine Une pointe d’amour – la rencontre amoureuse, la parade amoureuse ponctuée de rapprochements et de malentendus et l’inévitable happy end à la fin de ce long processus joué d’avance.
À supposer qu’il capte quelque chose de l’esprit du temps, L’amour c’est surcoté se condamne par son sujet à être très vite terriblement démodé


À la fin des années vingt, Eileen Gray, une architecte irlandaise, a construit une petite maison à Roquebrune Cap-Martin. Cette villa avant-gardiste, coincée entre la voie ferrée et la Méditerranée, fut baptisée E.1027 en mêlant les initiales de son nom et de Jean Badovici, architecte et rédacteur en chef de la revue L’Architecture vivante, qui partageait alors sa vie (10 =J, 2 = B, G=7). Mais le couple s’est séparé et Le Corbusier, ami de Badovici, fit main basse sur la maison qu’il adorait, en la recouvrant de fresques qui en dénaturèrent l’apparence et en laissant la postérité lui en attribuer la paternité.
En 1968, un an après 



