
À une semaine d’écart, les 22 et 29 janvier derniers, sont sortis deux documentaires similaires. Ils avaient l’école pour objet et suivaient pendant une année les élèves d’une classe de troisième d’un collège du XVIIIème arrondissement pour Château Rouge de Hélène Milano et d’une école primaire d’Ivry sur Seine pour Apprendre de Claire Simon. La seconde réalisatrice est bien connue, qui a derrière elle, à soixante dix ans passés, une longue filmographie (on lui doit aussi bien des films de fiction que des documentaires). La première fut longtemps actrice avant de passer derrière la caméra.
Ces deux films partagent les mêmes qualités. Tournés selon la grammaire wisemanienne qui désormais a valeur de commandement dans le monde documentaire, sans voix off, ni explication, ils nous font pénétrer dans le cœur du système éducatif et nous y font découvrir des individus profondément attachants : de jeunes élèves, à une période charnière de leur vie, celle qui précède l’entrée au lycée pour ceux de Chateau Rouge, au collège pour ceux d’Apprendre, et leurs professeurs à l’admirable dévouement (on imagine toutefois, mais on espère se tromper, qu’ils ont refusé que soient gardées au montage les séquences les montrant sous un jour moins favorable).
Ces deux documentaires font l’éloge de l’école républicaine sans s’apesantir sur les difficultés qu’elle rencontrerait : rien sur les classes surpeuplées, sur la dégradation du métier d’enseignant, sur la violence qui pénètre le sanctuaire scolaire ou les débats lancinants sur la laïcité. C’est au contraire une image très (trop ?) lisse de l’institution scolaire qu’ils nous renvoient où les élèves sont somme toute des gamins attendrissants – même si on pourrait être en droit de s’inquiéter de l’avenir de certains loustics de troisième – et le corps enseignant (professeurs, surveillants, principal.e) des êtres d’une infinie patience voués à l’épanouissement de leurs ouailles.
Outre cette bénévolence, ils ont, l’un comme l’autre, un défaut rédhibitoire : celui de venir après une tripotée de documentaires similaires qui traitent, avec au moins autant d’intelligence, du même sujet et de la même façon. Être et avoir, Chante ton bac d’abord, Allons enfants, La Générale, Le monde est à eux, etc. Je me souviens avoir adoré le documentaire de Claire Simon Récréations en 1992. Le souvenir enthousiaste que j’en ai gardé tient-il à la qualité intrinsèque de ce documentaire ? ou au fait qu’à l’époque c’était la première fois que j’en voyais un sur ce sujet ? Toujours est-il que je me demande pourquoi, plus de trente ans plus tard, Claire Simon retourne le même film redondant.
La bande-annonce de Château Rouge
La bande-annonce d’Apprendre
Maria raconte les derniers jours de la Callas (Angelina Jolie), recluse à Paris dans son immense appartement de l’avenue Georges-Mandel, en septembre 1977. Gavée de médicaments, rachitique à force de régimes, la voix exténuée, la diva avait perdu l’espoir de jamais remonter sur scène et s’étiolait. Elle ne tolérait plus que la compagnie de ses fidèles domestiques, son majordome (Pierfrancesco Favino) et sa cuisinière (Alba Rohrwacher).
Cathy Tuche (Isabelle Nanty) est fascinée par la famille royale. L’occasion lui est enfin donnée de se rendre en Angleterre lorsque son petit-fils est sélectionné par la pépinière de jeunes talents d’Arsenal. Son mari, Jeff Tuche (Jean-Paul Rouve), sa mère et ses trois enfants l’accompagnent dans ce nouveau voyage.
Le mari de Yoriko
Maria (Ariane Ascaride) a un cœur gros comme ça. Aide à domicile, elle se dévoue corps et âme pour les personnes âgées qui l’emploient. Elle est en adoration devant son petit-fils, un jeune prodige du piano. Pour qu’il ait son propre instrument et reçoive des cours particuliers, elle a pris l’habitude d’abuser de la faiblesse de ses employeurs, qui lui vouent une confiance aveugle.
La trentaine bien entamée, Geoffrey a fini de purger la longue peine à laquelle il avait été condamné pour un crime commis dans la capitale. À sa sortie de prison, son oncle le ramène à Shimoni, le village du sud du pays où il a grandi. Le curé a accepté de le prendre à son service en cachant au reste de la population son passé. Ancien professeur d’anglais, Geoffrey se voit ravalé au statut de garçon de ferme.
Au début des années cinquante, François grandit dans un pavillon de banlieue banal, près de Paris, au bord de la Marne. Il n’a quasiment plus de lien avec son père biologique et a reporté tout son amour filial sur son beau-père, un homme taiseux au passe-temps original : il s’est mis en tête de reconstruire dans son jardin le voilier du célèbre navigateur américain Joshua Slocum qui entreprit à la fin du dix-neuvième siècle le premier tour du monde en solitaire à la voile.
Le lundi 6 janvier s’ouvrait devant le tribunal judiciaire de Paris le procès du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Le surlendemain sortait en salles ce documentaire. Son titre lance un pari : rendre intelligibles des faits matériellement établis dont la stratégie de défense du principal accusé consiste à affirmer qu’on n’y comprend rien.
Depuis la mort de sa femme, Pierre (Vincent Lindon) essaie bon an mal an de concilier son travail à la SNCF et l’éducation de ses deux fils aujourd’hui adultes. Le cadet, Louis (Stefan Crépon, découvert en informaticien geek dans Le Bureau des légendes), brillant étudiant en classe prépa au lycée Fabert, rêve de poursuivre ses études à la Sorbonne. L’aîné, Félix (Benjamin Voisin, César du meilleur espoir masculin 2022 pour
Un parfait inconnu (Timothée Chalamet) débarque à New York début 1961, muni de sa seule guitare. Il dit s’appeler Bob Dylan et venir du Minnesota. Il rend visite à son idole, Woody Guthrie, hospitalisé dans le New Jersey. À son chevet, il fait la connaissance de Pete Seeger (Edward Norton) qui le prend sous sa coupe et lui ouvre les portes de Greenwich Village. Sa route croisera celle de Joan Baez (Monica Barbaro) avec laquelle il aura une liaison orageuse. Bob Dylan acquiert vite une célébrité qui l’embarrasse.