Rafi est un Indien pauvre qui a quitté son village pour Bombay afin d’y rembourser la dette contractée par son père et racheter la maison familiale. Installé dans un appartement minuscule qu’il partage avec quelques camarades d’infortune, il travaille sur le front de mer, à la Porte de l’Inde, où il prend les touristes en photo. C’est là que sa route croise celle de Miloni, une jeune étudiante, première de sa classe, issue de la classe moyenne, dont les parents sont en train d’organiser l’avenir.
Pressé par sa grand-mère de se marier, Rafi lui envoie une photo de Miloni en prétendant qu’il va l’épouser. Mais les choses pour lui se corsent quand sa grand-mère lui annonce sa venue prochaine à Bombay pour faire la connaissance de Miloni.
Un tel pitch aurait pu donner lieu à un film comique fait de quiproquos et de renversements, façon Au théâtre ce soir. Mais telle n’est pas la marque de fabrique de Ritesh Batra qui revient en Inde après un détour (pas vraiment convaincant) par Hollywood, six ans après le succès mondial de The Lunchbox. Le monde entier – moi inclus – avait été séduit par cette romance délicate entre une épouse mal mariée et un employé de bureau timide qu’un destin malicieux réunissait par le biais d’un panier-repas mal distribué.
C’est un peu le même principe qui est appliqué dans Le Photographe. Un titre mal choisi car il braque les projecteurs sur l’un des deux héros au détriment de l’autre. La Photo ou Le Mariage aurait été un titre plus pertinent qui, comme le panier-repas du film précédent, aurait insisté sur le medium mettant en relation les deux protagonistes.
Loin des comédies musicales virevoltantes auxquelles Bollywood nous a habitués, Ritesh Batra nous offre l’image d’un cinéma indien tout en subtilités – dont d’ailleurs la principale cible n’est pas domestique mais internationale. Il y est question de sentiments, comme dans toute romance. Mais il y est surtout question de relation de classes comme c’était déjà le cas dans l’excellent Monsieur (qui méritait dans mon souvenir une étoile de plus que les deux que je lui ai mégottées). Il ne s’agit pas ici de la relation entre une servante et son patron comme dans Monsieur mais entre deux amoureux d’une classe sociale différente.
Sanya Malhotra est parfaite dans le rôle de la jeune fille, d’une maladive timidité, qui a laissé ses parents prendre sa vie en mains. Le grand acteur Nawazuddin Siddiqui, qui jouait déjà dans The Lunchbox, est bien trop vieux pour interpréter Raffi, un rôle qui aurait dû échoir à un acteur plus jeune qui aurait donné plus de crédibilité au couple et à leurs sentiments.
La fin du film est surprenante. Elle a laissé la salle sur sa faim, qui s’est répandue, dès les lumières rallumées, en interrogations bruyantes et en commentaires désemparés. On n’en dira pas plus, sinon qu’elle est aussi frustrante que stimulante.
Le jeune Ulysse (Sandor Funtek, la révélation du film) vient de passer six mois en prison pour trafic de stupéfiants. Sa mère (Sandrine Bonnaire, qui depuis plus de trente ans creuse dans le cinéma français un sillon bien à elle à mi-chemin de Catherine Deneuve et de Juliette Binoche), profondément dépressive, exige des soins quotidiens et coûteux. Pour les financer, Ulysse n’a d’autre solution que de replonger dans la criminalité. Avec David (Alexis Manenti découvert dans
Le général guatémaltèque Monteverde a commis sur les populations mayas des exactions qui lui valent un procès pour génocide. Condamné dans un premier temps, puis blanchi, il doit se cloîtrer dans sa maison, sous la protection d’un escadron présidentiel d’une foule pacifique qui hurle sous ses fenêtres. Près de lui sont rassemblées sa femme, sa fille et sa petite-fille. Sa domesticité a fait défection à l’exception de Valeriana, la fidèle gouvernante qui recrute dans son village une aide, Alma. La jeune femme inspire au vieux général des cauchemars terrifiants.
Le lieutenant-colonel Breitner (Johan Heldenbergh) se voit confier la mission d’aller retrouver son ancien chef, le colonel Delignières (Olivier Gourmet) disparu dans les Aurès. Pour mener à bien sa tâche, il réunit autour de lui une troupe hétéroclite : sa compagne, une fière guerrière hmong (Linh-Dan Pham), un tireur d’élite illettré et raciste (Pierre Lottin), un sergent-chef sénégalais (Steve Tientcheu). En chemin, ils font prisonnier une artificière du FLN (Lyna Khoudri).
Scandale est inspiré d’une histoire vraie. À l’été 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, Robert Ailes (John Lithgow), le tout-puissant patron de la chaîne d’information Fox News a été licencié par Robert Murdoch suite aux accusations de harcèlement sexuel lancées contre lui.
Tommaso (Willem Dafoe) vit à Rome avec sa femme, de trente ans sa cadette, et sa petite fille. Ce réalisateur américain travaille à la préparation de son prochain film, donne des cours dans une école de théâtre, apprend scrupuleusement l’italien. Mais surtout il chasse ses vieux démons, la drogue et l’alcool, en se soumettant à la pratique exigeante du yoga et en assistant chaque semaine aux réunions des AAs.
Les joueurs de l’équipe de foot de Clourrieres dans les Hauts-de-France sont interdits de stade à trois matchs de la fin du championnat. Seule solution pour leur entraîneur (Kad Merad) pour éviter la relégation : monter une équipe féminine.
Frank (Arieh Worthalter) et Maroussia (Nadège Trebal) tirent le diable par la queue dans un appartement acheté en viager à une vieille dame qu’ils hébergent dans leur salon. Maroussia est assistante maternelle à domicile ; Frank trafique des pièces détachées à la casse jusqu’à ce que ses petites combines soient brutalement interrompues.
Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes pour Hunter. Elle vit dans une belle maison auprès de son beau mari, accueillie à bras ouverts par ses beaux beaux-parents auxquels elle va bientôt donner un petit-enfant. Mais la grossesse de la jeune femme provoque chez elle des troubles obsessionnels du comportement. Hunter se met à avaler toutes sortes d’objets, dangereux et incomestibles : une bille, un clou, une pile…
Dans les rues de Kinshasa, la trépidante capitale de la république démocratique du Congo (RDC), quelques performeurs créent. Freddy Tsimba érige sur une place de Matonge une « maison de machettes » que la police a tôt fait de venir détruire. Le métis Béni Barras, qui désespère d’obtenir la nationalité belge, passe ses journées dans un squat à sculpter du plastique fondu. Géraldine Tobe peint des toiles cauchemardesques à la suie. Le performeur Majestikos traverse Kinshasa dans une baignoire remplie de sang. Les Kongo Astronauts déambulent dans des combinaisons spatiales fabriquées à partir de matériaux de récupération.