« De l’influence du numérique sur le comportement des honnêtes gens » en cinq histoires.
Stéphanie (Blanche Gardin) et Fred (Maxence Tual) se désespèrent de voir l’audience de leur vlog péricliter après la rémission de leur fils cancéreux.
Une enseignante romantique, allergique aux nouvelles technologies (Elsa Zylberstein) rencontre un youTubeur à succès (Max Boublil).
Florian (Finnegan Oldfield) cherche l’âme sœur sur des applications de rencontres.
Romain (Manu Payet) se demande pourquoi il reçoit des publicités ciblées pour le Viagra.
Tout ce petit monde se retrouve sur une île atlantique sans réseau pour célébrer un mariage.
J’allais voir Selfie avec des semelles de plomb.
Les premières critiques étaient mitigées
Le film à sketchs n’est plus à la mode depuis l’âge d’or de la comédie italienne – à la flamboyante exception, il est vrai, des Nouveaux sauvages, mon film préféré de l’année 2015.
Et, sur l’impact des nouvelles technologies sur les sociétés contemporaines, tout a été dit par la formidable série Black Mirror dont il y avait fort à craindre que ce franchouillard Selfie soit l’avatar pas drôle.
Pourtant Selfie n’est pas aussi mauvais que je l’avais craint.
D’abord parce qu’une savante construction qui enchâsse les histoires et leurs personnages (la délicieuse Fanny Sydney apparaît dans trois épisodes) évite le paresseux enchaînement de cinq mini-films que ma présentation supra laissait augurer.
Ensuite, on y rit volontiers notamment avec Elsa Zylberstein (qui est à l’affiche de deux sorties cette semaine), peut-être parce qu’elle nous ressemble un peu dans le rôle d’une quadragénaire que les fautes d’orthographe et les facilités de langage sur les réseaux sociaux horripilent.
Mais surtout parce que Selfie touche souvent juste, qui se moque gentiment des travers dans lesquels Internet, Twitter, Snapchat et Meetic nous ont fait tomber.
Avril 1917. La guerre fait rage. Dans le Pas de Calais, les forces britanniques se sont terrées dans les tranchées face aux forces allemandes.
Lorsqu’on diagnostique à Nai Nai un cancer du poumon en phase terminale, la conspiration du silence fait interdiction aux membres de sa famille de révéler à la patriarche la vérité. Bili, sa petite fille, qui vit aux États-Unis avec ses parents est effondrée par cette nouvelle et révoltée par ce mensonge. L’organisation opportune du mariage d’un cousin va lui permettre de revenir une dernière fois auprès de sa grand-mère adorée.
Cristi (Vlad Ivanov, acteur fétiche de Cristian Mungiu) est un flic ripou en cheville avec la mafia. Gilda (Catrinel Marlon fémininement fatale) lui demande de faire évader Zsolt (Sabin Tembrea révélé par la mini-série allemande Berlin 56) qui cache trente millions d’euros tirés du blanchiment du trafic de drogue. Pour ce faire, il est dépêché aux Canaries sur l’île de La Gomera (qui donne son nom au titre original du film) pour y apprendre le Silbo, une langue sifflée avec laquelle il communiquera le jour de l’évasion de Zsolt.
Montfermeil vient de se donner un nouveau maire (Emmanuelle Béart). L’édile déborde d’idées étonnantes pour changer la vie des Montfermeillois : instaurer une sieste obligatoire, décréter une journée du kilt et du sarouel, fonder une Ecole internationale de langues pour y apprendre le soninké, le kurde et le tamoul. Autour d’elle toute l’équipe municipale se mobilise.
Nina a quitté depuis plusieurs années sa ville d’origine, sa famille, sa fiancée pour s’installer à Taipei et y faire l’actrice. Mais la célébrité tarde à venir : elle n’a guère tourné que dans quelques courts métrages et quelques publicités. Aussi, quand son agent lui propose le casting du rôle titre d’un film à grand budget, Nina n’hésite pas, même si le tournage s’annonce exigeant.
Roy Courtnay (Ian McKellen) est un arnaqueur professionnel. Quand il ne s’attaque pas à des investisseurs trop crédules, il jette son dévolu sur des veuves fortunées. Sa prochaine cible : Betty McLeish (Helen Mirren) qu’il vient de rencontrer sur Internet. Mais, comme l’annonce pachydermiquement l’affiche « un mensonge peut en cacher un autre » (c’est nettement plus subtil en VO : « Read Between the Lies »).
C’est l’histoire d’une famille chinoise sur trois générations. La grand-mère septuagénaire est terrassée par un AVC qui la laisse impotente le jour de son anniversaire. Son fils aîné, qui dirige un restaurant, accepte de la prendre en charge malgré les réticences de son épouse qui a bien du souci avec leur fille qui s’est mis en tête d’épouser un parti que ses parents refusent. Un fils cadet, dont l’immeuble est voué à la démolition, est obligé de se loger temporairement sur un rafiot avec sa femme et son fils, lequel fréquente une jeune fille plus fortunée que lui. Le benjamin, couvert de dettes, poursuivi par la mafia qui en exige le remboursement, s’occupe seul d’un enfant trisomique.
Un voleur poursuivi par la police enterre un magot au sommet d’une colline et le dissimule sous une pierre tombale, avant d’être arrêté. Quelques années plus tard, à sa sortie de prison, il découvre à sa grande déconvenue qu’un mausolée a été construit sur cette tombe. Les villageois alentour le fréquentent assidûment et prêtent à l’eau de sa fontaine des vertus miraculeuses. Un garde et son chien y veillent à la nuit tombée rendant délicate sinon impossible l’exhumation du magot.
Max (Maxime Boublil) a bientôt quarante ans. À treize ans, en 1993, ses parents (Noémie Lvovsky & Alain Chabat) lui ont offert une caméra. Avec elle, il a filmé sa vie, ses amis, ses amours, ses emmerdes. Il a surtout filmé Emma (Alice Isaaz).