Réalisateur chevronné, Simon (Denis Podalydès) tourne en province son nouveau film inspiré d’une histoire vraie. Il traite de la résistance d’une poignée d’ouvriers à la fermeture et à la délocalisation de leur usine en Pologne. Son producteur (Xavier Beauvois) a bouclé son plan de financement grâce à une tête d’affiche bankable (Jonathan Cohen) dont le narcissisme sur le plateau et les relations tendues qu’il entretient avec l’actrice principale (Souheila Yacoub) provoquent des étincelles. Mais il y a pire : le chantage des producteurs qui exigent de Simon qu’il modifie la fin de son scénario, trop pessimiste à leur goût.
Cédric Kahn est décidément un réalisateur hors pair dont le seul défaut est d’avoir tourné des films si différents les uns des autres (L’Ennui, Roberto Succo, La Prière, Le Procès Goldman…) qu’on peine à trouver une unité à son œuvre. Dans un tout autre registre que son dernier film, sorti il y a trois mois à peine, il creuse un sillon souvent investi par les plus grands – Godard (Le Mépris), Fellini (Huit et demi), Truffaut (La Nuit américaine), Moretti (Mia Madre) – le film dans le film et les mises en abyme qu’il autorise.
Mais Making of ne se borne pas, comme la bande-annonce pourrait le laisser craindre, à raconter un tournage qui part en cacahuète. Ce film est autrement plus complexe et plus intelligent. Il agence plusieurs pistes de lecture.
La première, que j’ai évoquée, est les conflits d’ego entre acteurs, qui donne la part belle à Jonathan Cohen, dans un registre où on ne l’attendait pas, à cheval entre la comédie, dans le rôle outrancier d’un insupportable connard, et autre chose, plus subtil.
La deuxième, la plus stimulante, est la mise en abyme entre le sujet du film – des ouvriers qui se battent pour leur emploi – et les difficultés de la production consécutives au retrait des financeurs. Aux côtés de Simon, Viviane (Emmanuelle Bercot) tente de tenir la barque d’un navire qui prend l’eau de toutes parts. C’est un cinéma de la débrouille qui est filmé – comme l’avait fait déjà Tom DiCillo dans Ça tourne à Manhattan dont Cédric Kahn dit s’être inspiré ou, plus récemment, Kim Jee-Won dans Ça tourne à Séoul ! – pour lequel l’enjeu principal est moins de réaliser un chef d’œuvre que de réussir à payer l’équipe à la fin du tournage.
S’ajoute une troisième dimension incarnée par un jeune figurant (Stefan Crépon découvert en geek génial dans Le Bureau des légendes) auquel Simon confie, par un hasard de circonstances, le soin de tourner le making-of. Sa passion du cinéma est dévorante. Il est prêt à tout pour la vivre, jusqu’à se faire embaucher comme figurant afin de glisser le scénario qu’il a écrit à ce réalisateur renommé qu’il n’aurait jamais pu approcher autrement. Double autobiographique revendiqué de Cédric Kahn lui-même, le jeune Joseph incarne, dans ce film qui aurait pu être écrasé par le cynisme, la part de rêve et de folie qui s’attache irréductiblement à l’art cinématographique.
Making of est un film intelligent et malin. Il lui manque peut-être le souffle et l’énergie qui font tout le génie de Coupez !, auquel je me trouve rétrospectivement bien chiche de n’avoir décerné que trois étoiles alors qu’il en méritait une quatrième. Mais j’en ai tout aimé, jusqu’à la fin malicieuse, en forme de clin d’œil plein d’autodérision.
Il faut attendre trois heures et trente-cinq minutes pour qu’un carton final nous renseigne : l’action de Jeunesse se déroule à Zhili, une cité-dortoir à une centaine de kilomètres de Shangaï, dans le delta du Yangtze qui s’est spécialisée dans la confection textile pour enfants. Les employés qui y travaillent par milliers sont des jeunes hommes et des jeunes femmes originaires des provinces pauvres de la Chine de l’intérieur.
Stéphane a dix-neuf ans. Il est inscrit à Montréal en école de design. Mais son addiction au jeu le coupe progressivement de sa famille et de ses amis et le laisse sans le sou. Sa seule planche de salut : le poste de plongeur qu’il a trouvé dans une trattoria.
Pierre Bonnard (1867-1947) fut longtemps éclipsé auprès du grand public par des peintres plus illustres : Van Gogh, Renoir, Gauguin, Cézanne, Monet, Manet… Depuis une vingtaine d’années, sa cote monte avec les grandes expositions qui lui sont consacrées à Orsay, à Tokyo, à la Tate Modern. Il quitte la deuxième division où ses amis nabis (Sérusier, Vuillard, Vallotton, Denis…) sont encore relégués, pour rejoindre la première. La preuve en est peut-être ce biopic qui lui est consacré.
Juulia (Alma Pöysti, en tête d’affiche des
Lorsque Priscilla Beaulieu rencontre Elvis Presley en 1959, sur une base américaine en Allemagne où le chanteur effectue son service militaire, il est déjà une star adulée alors qu’elle n’est encore qu’une collégienne de quatorze ans. Leur flirt s’interrompt avec le retour d’Elvis aux Etats-Unis quelques mois plus tard ; mais en 1962 Priscilla est invitée à Graceland et arrachera à ses parents l’accord pour s’y installer l’année suivante.
Iris Beaulieu (Laure Calamy) s’étiole. Son mari (Vincent Elbaz), accro au boulot, ne la touche plus. Sa vie a beau être sans nuages – un métier prenant, deux filles merveilleuses, un splendide appartement haussmannien dans le centre de Paris – Iris, la quarantaine, s’ennuie. Sur le conseil d’une amie, elle s’inscrit sur un site de rencontres en ligne. C’est le début d’une nouvelle vie…
Seydou et Moussa, deux adolescents dakarois, attirés par les mirages de l’eldorado européen, décident, contre l’avis de leur famille, de tenter leur chance et d’émigrer. Les voilà en route vers l’Italie. Leur chemin, à travers le Sahara et la Libye, sera semé d’embûches.