Ruth Goldman est une octogénaire encore ingambe qui, après avoir toute sa vie travaillé en cuisine, aime encore mitonner de savoureux repas. Mais, souffrant d’Alzheimer, elle doit quitter son domicile pour aller finir ses jours dans une luxueuse maison de retraite.
Le pitch d’À feu doux n’a rien de bien euphorisant. On se demande quel public il vise sinon le troisième âge. J’étais d’ailleurs quasiment le plus jeune spectateur de la salle hier soir – ce qui m’arrive de plus en plus rarement. Sans doute faut-il avoir, avoir eu ou être sur le point d’avoir un parent en EHPAD pour y être particulièrement sensible. Tel est mon cas hélas.
Le sujet de la vieillesse et de la dépendance est à la mode : Un beau matin, Tout s’est bien passé, Falling, Supernova, The Father… Pour moi, le meilleur film sur ce thème reste Loin d’elle de Sarah Polley, adapté d’une nouvelle de Alice Munro, prix Nobel de littérature. Son héroïne, frappée par la maladie d’Alzheimer, est placée en maison de retraite par son mari dont elle perd inexorablement le souvenir, au point de tomber amoureuse d’un autre résident.
Rien de tel dans À feu doux même si Ruth y ressent la frustration du sevrage de toute sensualité et y vibre au seul contact de la main de son docteur. Avec une grande finesse, Sarah Friedland, qui s’est longuement documentée, montre la lente dégradation des fonctions cognitives de Ruth, par exemple dans sa façon de choisir son vêtement et de le passer.
Cette précision documentaire est d’ailleurs paradoxalement le principal défaut du film, qui lentement égrène les différents symptômes de la maladie et ses stades successifs. Je me suis demandé comment il se terminerait et comment il traiterait l’issue inéluctable de cette fatale trajectoire. Je n’aurais pas aimé qu’il se close avec son avant-dernière scène trop optimiste et j’ai apprécié qu’on lui rajoute la toute dernière.
Mais de toutes, c’est la première qui ouvre le film que j’ai trouvée la plus intéressante. On y voit Ruth préparer un repas et accueillir un invité dont elle a manifestement perdu la mémoire de l’identité. On comprendra ensuite qu’il s’agit de son fils et de son dernier repas chez elle avant son départ pour cette maison de retraite dont elle ne sortira plus. L’écriture de cette scène est remarquable car elle semble construite sur un double mystère (qui est cet invité et vers quelle destination se rendent ils ?) qui n’en est pas un pour tous les spectateurs qui connaissent déjà le sujet du film. « Je fais semblant de croire que vous ignorez ce que vous savez déjà » pourrait être le non-dit de cette scène maligne.

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Jacques Cournot (Lino Ventura) est un navigateur au long cours appelé à Saint-Domingue pour y expertiser un yacht, le Dragoon, avant son achat par un riche homme d’affaires dirigeant d’une société pharmaceutique. Il est en fait le dupe de trafiquants d’armes qui, une fois l’expertise réalisée, s’emparent du bateau et voguent vers l’Amérique du sud. Pour aider la propriétaire, Rae Osborne (Sylva Koscina), Cournot accepte de partir à la recherche du navire avec l’aide d’un de ses amis aviateurs. Il le retrouve échoué sur un banc de sable



Simone Barbès (Ingrid Bourgoin) est ouvreuse dans un cinéma porno de la rue de la Gaîté, près de la gare Montparnasse, qui voit défiler une faune hétéroclite de vieux pervers, de messieurs distingués, de resquilleurs inventifs et de voyageurs pressés qui tuent le temps en attendant leur prochain train. Son travail achevé, elle se rend dans un bar lesbien pour y attendre son amoureuse qui la fait lanterner. De guerre lasse, à l’aube blanchissante, Simone rentre à pied chez elle. Un croupier en voiture (Michel Delahaye) s’arrête sur les Grands Boulevards pour la reconduire.