Eilis Lacey est irlandaise, jolie et intelligente. Elle saisit la première opportunité pour émigrer à New York, laissant derrière elle sa mère et sa soeur. Installée à Brooklyn, elle se laisse gagner par le mal du pays jusqu’à ce qu’un joli plombier italien l’en guérisse. Mais la vie la rappelle en Irlande.
Disons-le tout net : j’ai adoré « Brooklyn ». Sans méconnaître les reproches qu’on pourrait légitimement adresser à ce film trop sage : un scénario tire-larmes, une reconstitution trop proprette, une fin bâclée.
Mon enthousiasme vient précisément de son héroïne si sage. Saoirse (prononcez sir-cha) Ronan confirme le bien qu’on pensait d’elle. Elle a mérité haut la main sa nomination aux Oscars. Ses robes sont d’une folle élégance me donnant, comme à chaque fois que je regarde un film qui se déroule dans les années 50, le regret d’être né trente ans trop tard.
Son personnage n’a rien de manichéen : ni ange, ni démon, c’est une fille de son temps qui veut quitter l’Irlande étriquée des années 50 pour vivre selon son coeur tout en ayant conscience de la dette qu’elle a contractée auprès des siens. Le dilemme auquel elle est confrontée est poignant. Rien de grandiloquent, presque rien de dramatique. La vie tout simplement.
Dominik Moll s’était fait connaître par son premier film « Harry, un ami qui vous veut du bien » en 2000. Seize ans plus tard, il sort son quatrième seulement.
J’avais beaucoup aimé les précédents films de Félix Van Groeningen – qui, comme son nom l’indique, n’est ni italien ni portugais. La Merditude des choses et Alabama Monroe, une comédie dramatique et un drame non dépourvu d’humour qui avaient tous les deux la truculence et la générosité d’un potjevleesch flamingant.





