
J’avais été bouleversé par « Le cauchemar de Darwin ». J’ai été bien déçu par « Nous venons en amis », le nouveau documentaire de Hubert Sauper.
Le sujet est le même : comment l’Afrique est victime de la cupidité des étrangers.
Le cadre a changé : après le lac Victoria, Sauper enquête au Sud Soudan à bord d’un petit biplace qu’il a lui-même bricolé.
Son documentaire a été tourné au moment de l’accession à l’indépendance du Soudan du sud en 2010-2012. Mais loin d’être l’occasion de se réjouir de l’exercice par les peuples de leur droit à disposer d’eux-mêmes, Sauper dénonce encore, comme il l’avait fait dans « Le cauchemar de Darwin », l’asservissement de l’Afrique à des puissances extérieures.
Tout y passe : les marchands d’armes, les pilleurs chinois des ressources naturelles (pétrole, bois), les missionnaires texans et même les casques bleus de l’ONU.
Mais la saine colère qui anime Hubert Sauper rate hélas son objectif. En s’interdisant toute contextualisation, comme le veulent les règles stupides qui régissent aujourd’hui l’art documentaire, l’auteur nous prive des clés de base pour comprendre la situation qui prévaut au Soudan : rien n’est dit sur l’indépendance, ni sur les rivalités qui opposent les Nuer et les Dinka.
En attaquant tous azimuts tous les « amis » du Soudan, le réalisateur ne réussit qu’à nous désespérer. On ressort de la salle la mine grave, le cœur triste… et on se dit que l’Afrique est décidément mal partie.
Coup de cœur pour « L’Odyssée » bien mal servi par une critique assassine (celle du Monde gagne la Palme de la méchanceté vipérine) mais qui rencontre depuis mercredi un succès public mérité.
« Marguerite » fut l’an passé l’un des films français qui connut le plus grand succès, tant auprès du public que de la critique.
Le cinéma aime filmer la folie, la longue spirale qui conduit lentement un être normal dans l’abîme de la déraison.
« Much loved » suit au quotidien quatre prostituées à Marrakech : Hlima qui débarque du bled, Randa qui préfère les femmes aux hommes, Soukaina, romantique au cœur tendre, et Noha qui fait office de grande sœur. Sans oublier Said, le silencieux homme à tout faire, tour à tour chauffeur, coursier et garde du corps.
« L’Histoire officielle » ressort sur les écrans. En 1985, ce film avait fait sensation. Alors que l’Argentine sortait à peine de la dictature, le film de Luis Puenzo en dénonçait les crimes. Auréolé de l’Oscar du meilleur film étranger et de la Palme de la meilleure interprétation féminine, « L’Histoire officielle » prenait immédiatement rang parmi les films iconiques. Un statut qu’il partage avec ces films qu’on montre dans les lycées pour illustrer un pays ou une époque : « Crias Cuervos », « Missing », « Yol », « L’Homme de fer »…
La soixantaine, Clara habite un bel appartement en bord de mer. Mais des promoteurs sans vergogne souhaitent l’en déloger pour construire un condominium de luxe.
« Les deux amis » est un drôle de film.
Les Dossiers de l’Écran présentent : « Radicalisation : Des clés pour comprendre » avec un film de Marie-Castille Mention-Schaar qui raconte en parallèle l’histoire – vraie sinon vraisemblable – de Mélanie qui se radicalise et de Sonia qui se deradicalise.