Je m’installe dans la salle. Je regarde autour de moi. Que vois-je ? Des retraités caqueteurs, renifleurs et éternueurs. Je me dis que je me suis trompé, qu’on m’a vendu un ticket pour un film avec Jean Rochefort ou Michel Piccoli. Pas du tout ! C’est bien « Janis » qui va commencer, un documentaire sur l’icône des sixties, bisexuelle et morte d’une overdose à 27 ans seulement en 1970.
Et je réfléchis (si ! si !). Mes voisins de cinéma ont le même âge que Janis Joplin ! Ils sont nés en 1943, avaient vingt-cinq ans en mai 1968, ont peut-être partouzé dans le grand amphi de la Sorbonne en fumant des joints (OMG!) … et se déplacent aujourd’hui avec un déambulateur !
Ce paradoxe, risible et parfaitement logique hélas, éclate derrière la caméra de Amy Berg qui interroge les témoins de la courte vie de la jeune Janis : ses frère et sœur, ses amis, ses amants, les membres de son groupe sont aujourd’hui de cacochymes septuagénaires pour certains rangés des voitures, pour d’autres arborant encore les signes extérieurs de leur jeunesse rebelle (cheveux longs, tatouages …).
Sans beaucoup d’originalité, ils sont sollicités pour raconter le parcours de cette adolescente sans grâce, dotée d’une voix hors norme. Une nouvelle Aretha Franklin. Une Noire dans un corps de Blanche. Mais aussi – c’est un passage incontournable du biodoc – un cœur d’artichaut qui cherchait désespérément dans la musique et dans les paradis artificiels les marques d’une affection dont elle n’était jamais sevrée.
Narrant un destin similaire, « Amy » m’avait autrement ému l’été dernier. « Janis » ne m’a pas touché. La faute à une réalisation trop conventionnelle ? Ou à une époque, une esthétique, une musique que je trouve hideuses ?
Il est de bon ton de vouer aux gémonies le huitième film de Quentin Tarantino. Avec la satisfaction de moucher un gamin précoce et turbulent. Avec la joie mauvaise de le rappeler à l’ordre, de le ramener dans le droit chemin pour lui faire payer les voies de traverse dans lesquelles il s’était trop longtemps complu.
J’ai déjà dit ici combien la miniaturisation était en train de révolutionner le cinéma.
Volontairement ou pas, le titre du film et son affiche miroitent (et je ne dis pas cela parce que Rebecka Josephson se regarde dans la glace !). Le titre annonce une sœur maigrichonne ; l’affiche nous montre une fille rondelette. Alors ? Erreur d’indexation ?
Pendant la première demi-heure du film, un doute m’a envahi. M’étais-je trompé de salle ? Avais-je pris ma mauvaise paire de lunettes pour ne pas reconnaître Greta Gerwig ?
Grâce aux progrès technologiques, on peut aujourd’hui tourner un film avec un téléphone portable. Nous sommes donc tous devenus, pour le meilleur et pour le pire, des cinéastes en puissance.
Le teen movie est un style à part entière outre-Atlantique dont l’excellent documentaire « Beyond Clueless » a récemment rappelé les ressorts obligés : un nouveau/une nouvelle arrive dans un lycée, y est froidement accueilli(e) mais finit par s’y intégrer. On en a tous vu un jour ou l’autre : Grease, American Graffiti, Lolita malgré moi (un titre à vomir … et un film à voir)
« The Big Short » a le cul entre deux chaises.
On a découvert récemment avec Arnaldur Indriðason le polar islandais.