Un orchestre symphonique constitue un fascinant objet d’étude sociologique. Étonnamment, le cinéma documentaire ne s’en est pas emparé. Si Frederick Wiseman a installé sa caméra à l’école de danse de l’Opéra de Paris (2009), avant de l’installer au Crazy Horse, à Berkeley ou à la National Gallery , l’immense documentariste américain – qui n’a jamais été aussi productif qu’à quatre-vingts ans passés – ne s’est jamais intéressé à un orchestre.
C’est bien dommage car Heddy Honigmann n’a pas son génie pour décrypter les ressorts d’une institution. Qu’est-ce qui unit les membres d’un groupe ? Quel est leur affectio societatis ? Comment une somme d’individualités produit-elle de l’action collective ? Quel est leur environnement ? Quels sont leurs défis ? Comment les relèvent-ils ? Aucune réponse à ces questions. Seulement, un album photo des tournées effectuées par le prestigieux Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam à l’occasion de son 125e anniversaire. Buenos Aires, Johannesburg, Saint-Pétersbourg. À chaque fois, en contrepoint aux scènes glanées durant les répétitions et les concerts, des portraits d’authentiques mélomanes : un chauffeur de taxi argentin qui écoute la musique classique pour supporter sa solitude, une jeune Sud-Africaine de Soweto qui ne vit que pour la musique mais se destine à une carrière juridique (sic), un vieux rescapé du goulag stalinien et des camps hitlériens.
Dans la famille Rappeneau, je demande le fils. Tout le monde connaît Jean-Paul Rappeneau et ses films qui dessinent, depuis cinquante ans, une filmographie aussi laconique qu’élégante : Les Mariés de l’an II (1971), Le Sauvage (1975), Cyrano de Bergerac (1990). Pas facile de faire carrière au cinéma quand son père y occupe une place si prestigieuse. Julien s’y emploie pourtant. Scénariste reconnu (Largo Winch, Cloclo, Zulu), il passe pour la première fois derrière la caméra.
Maxime et Mélanie ont quinze ans. Ils s’aiment. Mélanie tombe enceinte. Gardera ? Gardera pas ? Le titre, pas très heureux, nous met sur la piste. Et on se doute que si Mélanie avortait,le film tournerait court. Donc, même si la décision n’intervient qu’au mitan du film, elle le garde. Vous pensez que je viens de vous gâcher le suspense ? Vous vous trompez. Car la fin du film, étonnante et inéluctable, vous scotchera.
Quel film ! deux heures vingt-quatre ! Rien de moins ! Un film inclassable. Ni intello ni vulgaire. Mi-documentaire mi-fiction. Qui décrit une troupe de théâtre ambulant, jouant Tchekhov. Mais dont la création artistique n’est pas l’objet. Plutôt la vie. La vie de chacun des membres de la troupe. Son directeur tyrannique. Sa femme humiliée mais aimante. Sa fille en quête d’émancipation. Une ancienne maîtresse amoureuse. Un acteur qui ne parvient pas à faire le deuil de son fils. une femme qui attend un bébé.
Notre époque est à l’ironie. Il ne faut rien prendre au sérieux, sauf à passer pour un barbon sentencieux. Il ne faut rien présenter sans l’agrémenter d’un trait d’humour, sauf à passer pour un pisse-vinaigre.
Entre 1974 et 1989, le dramaturge Alan Bennett laissa une vieille SDF et sa camionnette s’installer devant sa maison. Cette longue cohabitation lui inspirera un livre, une pièce de théâtre et aujourd’hui un film.
Le film à voir cette semaine est un documentaire. Un documentaire sur l’Iran dont j’ai déjà dit ici , pas plus tard que jeudi dernier, dans ma critique de Nahid, combien il nous devenait familier à force de voir des films et des documentaires à son sujet.
Certains films sont aériens, d’autres sont terrestres, d’autres encore aquatiques. Qu’ils se situent dans les cieux, sur terre ou sous les mers n’y change pas grand-chose. Si Les Ailes du désir de Wim Wenders est un film aérien, « La Nuit » de Antonioni l’est tout autant avec ses personnages donnant l’impression de surplomber la dolce vita romaine. In the Mood for Love et Le Docteur Jivago sont deux films terriblement aquatiques où les héros nagent l’un vers l’autre malgré les vents contraires.
« Dune is probably the greatest movie never made ». Dune est probablement le plus grand film