Fuyant la France libérée et les mesures d’épuration, Louis-Ferdinand Céline a trouvé refuge au Danemark entre 1945 et 1951 avec sa femme Lucette et son chat Bébert. Il entame une longue correspondance avec un universitaire juif américain, Milton Hindus, qu’il convainc de rédiger une pétition en sa faveur et de lui rendre visite à Korsør, sur les bords de la mer Baltique. Le film de Emmanuel Bourdieu – fils de Pierre, normalien, agrégé et docteur en philosophie, scénariste des films de Desplechin et réalisateur de Vert Paradis et Les Amitiés maléfiques – raconte cette rencontre.
Comme son sous-titre l’annonce, il met face à face deux clowns qui s’intrumentalisent réciproquement. Le vieux Céline cherche une caution pour répondre aux accusations de collaborationnisme qui pèse sur lui. Le jeune Hindus cherche à obtenir les confessions du grand romancier pour écrire le livre qui lui conférera la gloire. Des deux, c’est le premier qui est le plus clown : Denis Lavant, égal à lui-même, surjoue un Céline éruptif, paranoïaque, misanthrope et manipulateur. Face à lui, Philipp Desmeules est bien pâle. le personnage le plus intéressant est celui de l’épouse, Lucienne, joué par Géraldine Pailhas. C’est le seul personnage normal, sensé, qui s’interpose efficacement entre les deux hommes lorsque le ton monte.
Louis-Ferdinand Céline aurait fait une excellente pièce de théâtre. Malheureusement, le face-à-face entre l’écrivain antisémite et son admirateur juif n’a pas beaucoup de potentiel cinématographique.
Des critiques élogieuses ont accueilli le dernier film de Hou Hsiao-hsien. C’est avec beaucoup d’humilité et en reconnaissant par avance mes torts que j’oserai faire entendre une voix discordante.
On se souvient de ces deux faits divers sordides qui, par coïncidence, eurent lieu tous deux en Autriche : la séquestration de Natascha Kampusch pendant huit années et celle, pendant vingt-quatre ans, par son propre père, d’Elisabeth Fritzl qui donna naissance à sept enfants.
Eilis Lacey est irlandaise, jolie et intelligente. Elle saisit la première opportunité pour émigrer à New York, laissant derrière elle sa mère et sa soeur. Installée à Brooklyn, elle se laisse gagner par le mal du pays jusqu’à ce qu’un joli plombier italien l’en guérisse. Mais la vie la rappelle en Irlande.
Dominik Moll s’était fait connaître par son premier film « Harry, un ami qui vous veut du bien » en 2000. Seize ans plus tard, il sort son quatrième seulement.
J’avais beaucoup aimé les précédents films de Félix Van Groeningen – qui, comme son nom l’indique, n’est ni italien ni portugais. La Merditude des choses et Alabama Monroe, une comédie dramatique et un drame non dépourvu d’humour qui avaient tous les deux la truculence et la générosité d’un potjevleesch flamingant.


