Survivant des camps de l’Angkar, le réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh a passé sa vie à documenter les massacres qui ont coûté la vie à toute sa famille et à plusieurs millions de ses compatriotes.
Après une résidence au Japon, il consacre son dernier documentaire, qui relève autant du cinéma que de l’installation, aux séquelles des guerres, atomiques ou conventionnelles, qui ont ensanglanté le vingtième siècle, de Verdun à Auschwitz, de Hiroshima à Srebrenica, et qui ont laissé leurs marques dans la chair des hommes.
Irradiés est une longue encyclopédie du mal. Les images qu’il montre sont dures, parfois insoutenables : cadavres décharnés retirés des chambres à gaz nazies, survivants irradiés des explosions nucléaires d’Hiroshima ou de Nagasaki, photographies anonymes des détenus de S21, la prison de Phnom Penh… D’ailleurs le film est interdit aux moins de douze ans en France. Quelques spectateurs, visiblement choqués, ont quitté la salle en cours de séance.
Pour présenter ces documents, Rithy Panh découpe l’écran en trois bandes verticales et projette dans chacune des images similaires ou différentes. Quel effet veut-il ainsi créer ? Une mise en abyme ? Un vertige ?
Irradiés ne peut qu’inspirer une admiration révérencieuse. Les faits qui y sont relatés sont si terribles qu’on ne peut, comme face à Nuit et brouillard de Resnais, que se taire. On serait bien mesquin de lui reprocher son texte emphatique, lu par André Wilms et par Rebecca Marder (dont c’est le second film à l’affiche cette semaine !), ou ses acteurs de nô qui errent dans des ruines post-apocalyptiques, seules scènes de fiction, bien incongrues. On n’osera pas avouer qu’on s’est vite ennuyé de ces images d’archives déchirantes, sans début ni fin, sans indications d’origine, répétées ad nauseam… mais on n’en pense pas moins.
Johnny (Joaquin Phoenix), la quarantaine bien entamée, est un animateur radio new yorkais lancé dans une enquête au long cours : avec ses deux assistants, il sillonne les États-Unis micro au poing pour interroger les enfants sur leur vision de leur avenir, leurs rêves et leurs peurs.
Irène (Rebecca Marder) a dix-neuf ans à Paris en 1942. Elle a une passion, le théâtre, et un rêve, réussir le concours d’entrée au Conservatoire qu’elle prépare avec ses camarades. L’amour de son père (André Marcon), de sa grand-mère (Françoise Widhoff) et de son frère aîné (Anthony Bajon) fait écran avec le monde.
Louis Durieux (Jérémie Rénier) est un homme politique wallon promis à un brillant avenir. Il entretient une relation passionnelle avec sa femme, Maeva Cordier (Amma Jodorowsky) une journaliste politique. Une nuit, dans un palace d’Ostende, après une soirée très arrosée et une énième dispute bruyante dont attestent les caméras de surveillance, Maeva décède. Crime ou suicide ?
Nora a sept ans. Le jour de la rentrée des classes, elle sanglote dans les bras de son frère Abel, de deux ou trois ans son aîné. Son père (Karim Leklou) essaie en vain de la rasséréner.
Une bande de huit vieux copains, stars de la chanson, du cinéma, du théâtre, du monde de l’art, se retrouve chaque année pour un déjeuner à La Closerie des lilas.
Clémence Collombet (Isabelle Huppert) est la maire de la troisième ville du 9-3 (Aubervilliers ? Aulnay ?). Son second mandat arrive à son terme et, comme elle s’y était engagée, elle s’apprête à passer la main à sa première adjointe. Mais, flanquée de son fidèle directeur de cabinet (Reda Kateb), elle tient à mener à bien avant son départ le projet auquel elle tient depuis toujours : la rénovation du quartier des Bernardins. Pour y parvenir, elle doit décrocher la subvention de soixante-trois millions d’euros que le Gouvernement lui a promise.
Alex est une jeune adolescente d’origine libanaise. Sa mère, Maia, et sa grand-mère, Téta, se sont installées au Canada une trentaine d’années plus tôt. Un carton livré le jour de Noël lui permet de plonger dans leur passé et de comprendre les motifs de leur exil.
Joseph Haffmann (Daniel Auteuil) est joaillier à Montmartre en 1941. Sentant la menace grandir, il envoie sa femme et ses trois enfants en zone libre avant de les y rejoindre. Avant de partir, il passe un marché avec son commis, François Mercier (Gilles Lellouche). Il lui laisse les clés de sa boutique, l’usage de son appartement et les gains de son commerce en échange de la promesse de pouvoir y revenir avec sa famille après la guerre. Mercier accepte, malgré les hésitations de sa femme Blanche (Sara Giraudeau). Le couple prend possession des lieux sous le regard hostile des voisins. Mais coup de théâtre : Haffmann, que la surveillance policière a empêché de quitter Paris, revient à la nuit tombée et doit se cacher dans la cave.
Panique en cuisine pour Andy Jones (Stephen Graham), le chef étoilé d’un restaurant londonien à la mode. Sa seconde réclame une augmentation ; sa cheffe de salle a accepté plus de réservations que prévu ; une jeune stagiaire française peine à prendre ses marques ; une serveuse arrive en retard ; une cliente est allergique aux fruits à coques ; son ancien mentor débarque sans crier gare accompagné d’une critique culinaire impitoyable, etc. Et pendant ce temps, Andy Jones doit gérer au téléphone sa femme en plein divorce et son fils qui lui reproche son départ.