Un mariage est arrangé entre Le Cadet, un simplet sous l’emprise de sa famille, dont le rhésus rare va sauver le nabab du village, et Guiying, une jeune femme devenue incontinente et handicapée à force de coups et de mauvais traitements. Le couple misérable s’installe sur le lopin de terre qui lui a été concédé et y construit une minuscule maison. Lentement, la tendresse naît entre les deux êtres tandis que les saisons passent et que la Chine rurale se transforme.
Que dire d’un film où on a copieusement dormi ? La question se pose avec une acuité accrue aux critiques dans la force de l’âge. Les années passant, il m’arrive de plus en plus souvent de somnoler dans l’émolliente chaleur d’une salle de cinéma. Dois-je le cacher et prétendre avoir gardé ma conscience tout le film durant ? ou en faire l’aveu rougissant mais honnête quitte parfois à renoncer à critiquer un film dont le sel m’aurait échappé ?
Ces considérations narcoleptiques ne sont pas aussi égocentriques qu’on pourrait le penser : Le Retour des hirondelles est un film long (2h16), lent, contemplatif, ponctué de plans séquences superbement éclairés mais pas toujours compréhensibles (on voit sans transition nos deux héros traverser une vallée enneigée et pique-niquer sur une dune de sable), qui invite à la rêverie et à la somnolence. Certains y auront résisté mieux que moi et seront mieux placés pour en faire une critique éclairée.
Le Retour des hirondelles m’a rappelé tout un pan du cinéma chinois contemporain qui documente la modernisation à marche forcée de la Chine. Elle est au cœur de l’oeuvre de Jia Zhangke, peut-être le plus grand réalisateur chinois vivant. C’est aussi le thème principal de Séjour dans les monts Fuchun ou de So Long, My Son qui ont remporté en France un succès mérité, mais aussi de Vivre et Chanter ou de Les anges portent du blanc, passés plus inaperçus. Plusieurs documentaires l’ont pris à bras le corps tels que H6 filmé à Shanghai dans l’un des plus grands hôpitaux au monde, Derniers jours à Shibati dans la ville multimillionaire de Chongqing au Sichuan ou Guangzhou, une nouvelle ère, tourné dans une petite île située d’un bras de la Rivière des perles près de Canton.
Le noir pessimisme qui imprègne Le Retour des hirondelles lui a valu la censure de Pékin. Après avoir obtenu un vif succès en salles – et sans doute attiré l’attention des autorités que, sans cela, il n’aurait pas émues – Le Retour des hirondelles est retiré des écrans et son auteur assigné à résidence. Le reproche qui lui est adressé : donner des campagnes chinoises une image trop sombre et infirmer la promesse du Parti d’y avoir éradiqué la pauvreté absolue.
N’ôtons pas à ce film ses qualités. Il raconte avec une infinie délicatesse le lent rapprochement entre deux éclopés de la vie. Il filme avec poésie la terre du Gansu – où le réalisateur Li Ruijun a grandi – ses paysans rudes à la tâche (le héros est interprété par le propre oncle du réalisateur) et les saisons qui passent. Mais il le fait avec une telle lenteur qu’entre la fascination et la somnolence, la seconde, chez certains spectateurs vieillissants, risque de l’emporter.
Tendres Passions raconte tout au long de leurs vies pleines de vicissitudes l’amour d’une mère et de sa fille. Jeune veuve, Aurora Greenway (Shirley MacLaine) s’est vouée à l’éducation de sa fille unique, Emma (Debra Winger), qui quitte Houston et le nid familial pour se marier et suivre son mari, professeur d’université, dans l’Iowa puis dans le Nebraska. Elle y a trois enfants mais son mariage, fragilisé par les infidélités de son mari puis les siennes, bat vite de l’aile. Aurora en revanche trouve l’amour auprès de son voisin, un astronaute retraité (Jack Nicholson).
Soraya et Walid ont décidé de quitter Beyrouth et sa pollution pour s’installer dans une maison de famille sur les pentes désolées du Mont-Liban. Là, avec la mère de Walid, dont les poumons ne supportaient pas l’air empuanti de la capitale, et leurs deux filles, Tala et Rim, ils ont construit un phalanstère auto-suffisant qui suffit à leur bonheur.
Le docteur Noah Praetorius (Cary Grant) semble mener une vie réussie. Il enseigne à l’université à des étudiants qui le vénèrent et dirige une clinique en faisant du respect des malades sa priorité. Mais certains de ses confrères le jalousent pour son succès, à commencer par le professeur Ellwell qui a décidé de creuser dans son passé pour le discréditer. Pour toucher le docteur Praetorius, Ellwell va s’en prendre au mystérieux Shunderson qui ne quitte jamais Praetorius d’une semelle.
Les 29 et 30 septembre 1941, dix jours après l’entrée de la Wehrmacht à Kiev, 33.371 Juifs furent assassinés dans le ravin de Babi Yar par des SS et des policiers allemands, aidés d’auxiliaires ukrainiens.
Un petit frère brosse la chronique pendant vingt ans d’une famille ivoirienne immigrée en France. Rose est arrivée à Paris en 1989, avec deux de ses quatre fils. Hébergée par un couple de parents, elle trouve un emploi de femme de ménage dans un hôtel. Éprise de liberté, elle refuse l’union avec Jules César, un compatriote que sa famille lui présente, et lui préfère une aventure sans lendemain avec un ouvrier tunisien du bâtiment.
Un père et sa fille partent passer une semaine en Turquie dans une résidence de vacances en bord de mer. Sophie (Frankie Corio) a onze ans. C’est une pré-ado vive et sensible. Calum (Paul Mescal, révélé par la série Normal People) est plus secret : on comprend qu’il est séparé de la mère de Sophie, qu’il a quitté l’Ecosse pour Londres, que le menace peut-être le gouffre de la dépression.
En 2069 sur son lit de mort le roi Alfredo se remémore son passé. Encore prince, cinquante ans plus tôt, alors qu’il achevait ses études d’histoire de l’art, il avait obtenu de ses parents l’autorisation de travailler dans une brigade de sapeurs-pompiers. Il y était tombé amoureux de son instructeur, le bel Alfonso. Mais la mort du père d’Alfredo et son accession au trône avaient eu raison de cette idylle.
Pendant quelques mois, le documentariste Swen de Pauw a planté sa caméra dans l’étude de trois avocates strasbourgeoises spécialisées en droit des étrangers. Il les filme en plein travail, face à leurs clients, plongées dans leurs dossiers, pendues au téléphone, dictant un courrier ou le regard vide à leur balcon tirant sur une cigarette. Face à elles défilent des demandeurs d’asile, des résidents en fin de droits, des étrangers qui aimeraient acquérir la nationalité française…. Autour d’elles, s’agite une ribambelle de stagiaires tandis que deux secrétaires d’un calme imperturbable gèrent le chaos.
Journaliste brillante, formée à la dure par le rédacteur en chef du Morning Post, Walter Burns (Cary Grant), qu’elle a épousé avant de s’en séparer, Hildy Johnson (Rosalind Russell) a décidé de quitter le métier pour se marier à un modeste employé de bureau d’Albany. Apprenant la nouvelle, Walter Burns, qui brûle de reconquérir son ancienne épouse, cherche à la retenir en lui demandant de couvrir les dernières heures d’un condamné à mort dont il est persuadé de l’innocence. Hildy, que la passion du journalisme n’a jamais quittée, accepte cette mission et va se retrouver impliquée dans la rocambolesque évasion du prisonnier.