
Ester élève seule son fils David, déficient mental. Elle passe des vacances avec lui et des amis en Italie dans une luxueuse villa. Mais la situation dégénère et Ester prend avec David la clé des champs. Leur chemin croise celui de Zuza, une auto-stoppeuse aux cheveux roses.
Caravane est un film tchèque tourné en Italie par une réalisatrice qui a, comme le personnage du film, élevé un fils handicapé. C’est un film qui raconte une situation poignante : celle d’un parent, d’autant plus sollicité qu’il élève seul son enfant lourdement handicapé. Cette situation hypothèque sa vie, ne lui laisse pas un seul instant de répit, lui interdit toute vie sociale ou amoureuse.
C’est précisément la situation dans laquelle s’est retrouvée Ester. On ignore tout d’elle, de son passé. A-t-elle un emploi ? David a-t-il un père ? On ne le saura pas. L’histoire reste collée au présent répétitif d’Ester dont le principal défi est d’éviter que David se mette dans une situation dangereuse ou embarrassante.
Le duo aurait pu être étouffant. Le scénario de Caravane a la bonne idée d’adjoindre à Ester et David un troisième personnage : une punkette aux cheveux roses. Zuza n’a pas d’œillères. Elle prend la vie comme elle vient. Elle s’attache à Ester et à David pendant quelques jours. On se demande si une relation sexuelle se nouera avec David qui, au grand dam de sa mère, développe les pulsions sexuelles de tout adolescent de son âge. Le scénario a la bonne idée d’éviter cette direction trop téléphonée.
Caravane a un seul défaut. Il sort un an après Mon inséparable où Laure Calamy, avec la gouaille et l’énergie qu’on lui connaît, jouait le même rôle de mère d’un enfant handicapé.