Le Bhoutan est un minuscule royaume himalayen coincé entre l’Inde et la Chine. Il est connu pour ses paysages grandioses. Il est aussi connu pour avoir substitué au produit national brut (PNB), pour mesurer la richesse de ses habitants, un concept original : le « bonheur national brut ».
Thomas Balmès était venu y filmer un monastère tibétain à quatre mille mètres d’altitude. Coupé du monde depuis la nuit des temps, l’électricité allait y être installée et le documentariste français voulait y constater l’irruption des nouvelles technologies.
Il y retrouve dix ans plus tard Peyangki, le petit moinillon facétieux de Happiness. Il a aujourd’hui dix-huit ans et ne supporte plus l’éducation rigoureuse du monastère. Sur les réseaux sociaux, il a fait la rencontre de Ugyen, une jeune chanteuse qui se produit dans un bar de nuit de la capitale. Il décide de quitter le monastère pour la rencontrer.
On risque fort d’aller voir Sing Me A Song (pourquoi diable ce titre anglais et sirupeux qu’on croirait emprunté à un mauvais roman Harlequin ?) pour de mauvaises raisons : le dépaysement de l’Himalaya, la splendeur de ses paysages, la sérénité qu’incarnent ses moines tonsurés, etc.
Or Sing Me A Song bat en brèche tous ces clichés. On y découvre avec effroi les effets débilitants des nouvelles technologies. Une image est stupéfiante : un long traveling arrière sur des jeunes moines récitant mécaniquement leurs mantras les yeux rivés sur leurs téléphones portables, dans une transe hypnotique dont on se demande si elle est l’effet de leur récitation ou bien de leur addiction aux écrans.
Si les monastères les plus reculés sont impactés, la capitale bhoutanaise l’est plus encore. Thomas Balmès filme une ville sans âme avec ses néons criards, ses bars glauques, ses chanteuses trop maquillées, dont on imagine, même si rien d’explicite n’est dit, qu’elles en sont réduites à se prostituer. C’est là que Peyangki retrouve Ugyen dont il découvre qu’elle est déjà la mère d’une petite fille de deux ans. L’affiche du film les photographie tous les trois séparés par un espace infranchissable, lui avec son téléphone, elle avec sa fille, leurs regards ne se croisant pas.
On peut saluer la clairvoyance de ce documentaire désespérant – dont on ne comprend jamais ce qu’il emprunte à la fiction ou à la réalité – sur les effets délétères des nouvelles technologies sur nos existences. On peut aussi lui reprocher de nous renvoyer une image si glaçante de notre monde, menacé par les mêmes dérives, où qu’on se trouve.
Béatrice Dalle joue son propre rôle : celui d’une actrice passablement barrée qui passe derrière la caméra pour diriger dans son premier film « L’Œuvre de Dieu », son amie Charlotte Gainsbourg. L’ambiance sur le plateau n’est pas paisible et le comportement agressif de la réalisatrice n’arrange rien : son producteur ne lui fait plus confiance et veut l’évincer, ses actrices, en roue libre, sont abandonnées à elles mêmes, le personnel technique est au bord de la grève….
Chaque année plusieurs centaines de milliers de randonneurs du monde entier font le pèlerinage de Compostelle. Son succès n’a cessé de croitre, attirant des foules sans cesse plus nombreuses, en quête tout à la fois de grand air, de spiritualité et de dépassement. D’ailleurs, la soixantaine approchant à grands pas, je me dis qu’il serait temps que, moi aussi, je m’y prépare. Ce serait de mon âge…
Hatidze est une vieille paysanne macédonienne qui vit seule avec sa mère impotente. Les deux femmes habitent un hameau en ruines, vidé de ses habitants dans un coin reculé de la Macédoine du nord, sans eau ni électricité. Hatidze y cultive le miel en suivant les méthodes séculaires que ses ancêtres lui ont transmises et va en faire le commerce dans la capitale.
Le Professeur et Giorgio sont deux septuagénaires romains qui tirent le diable par la queue avec une retraite de misère. Sans attaches, sans amis, sans guère d’argent, ils rêvent à un ailleurs où l’herbe serait plus verte – et la bière moins chère. Ils sont bientôt rejoints dans leur projet de départ par un troisième larron, Attilio, brocanteur du dimanche. Où partir ? Cuba ? Bali ? les Açores ?
Le jour même d’une brutale rupture sentimentale, Ondine (Paula Beer) fait la connaissance de Christoph (Franz Rogowski). Entre l’historienne spécialiste de l’urbanisme de la capitale et le scaphandrier, c’est le coup de foudre immédiat. Mais la relation entre les deux êtres semble influencée par des forces qui les dépassent.
Atteinte dune maladie neurologique dégénérative, Lily (Susan Sarandon) a demandé à son mari Paul (Sam Neill) de l’aider à mourir avant la perte irréversible de son autonomie. Elle a réuni autour d’elle ceux qu’elle aime : Jennifer, sa fille aînée (Kate Winslet), son mari et son fils de quinze ans, Anna, sa cadette avec sa compagne Chris, et enfin Liz son amie de toujours.
Éléonore (Nora Hamzawi) a trente-quatre ans et sa vie est dans une impasse : sans relation amoureuse stable (elle enchaîne les rencontres d’un soir), sans emploi (elle vient de se faire virer du fast food où elle travaillait sans passion), sans avenir dans la littérature (son manuscrit, trop volumineux, trop plombant, est systématiquement refusé), elle sombre dans la dépression. Sa mère (Dominique Reymond) et sa sœur (Julia Faure) l’exhortent à se reprendre en main et lui trouvent un travail auprès d’un éditeur acariâtre (André Marcon).
La trentaine gentiment barrée, Antoinette (Laure Calamy) est professeure des écoles à Paris. Elle est la maîtresse d’Alice, une ravissante gamine de CM2. Elle est aussi la maîtresse de Vladimir (Benjamin Lavernhe), le papa d’Alice qui lui avait promis une semaine en amoureux, loin de sa femme, mais s’en décommande au dernier moment pour partir randonner en famille dans les Cévennes. Sous le coup de la déception, Antoinette prend une décisions irraisonnée : elle partira elle aussi sur les traces de Vladimir et sur celles de Louis Robert Stevenson, sans autre compagnie que celle de l’âne Patrick.