Jean-Pierre Thorn est un vieux militant gauchiste et ne s’en cache pas. Il a filmé en mai 68 Oser lutter, Oser vaincre dans l’usine Renault de Flins occupée. Puis il a travaillé dix ans comme OS chez Alsthom à Saint-Ouen avant de revenir à la réalisation et filmer ses camarades en grève dans Le Dos au mur.
À 72 ans, il jette sur son passé un regard chargé de mélancolie en se remémorant la grande passion de sa vie avec Juliette, frappée d’un paludisme foudroyant au lendemain de mai 68.
Deux films en un. L’Âcre parfum des immortelles – un titre d’une grande poésie dont la signification restera jusqu’au bout obscure – commence et se termine sur des images landaises, apaisées et poétiques. Mélissa Laveaux lit en voix off les lettres que la jeune Juliette écrivait à Jean-Pierre âgé de vingt ans à peine. On comprend qu’un amour naît, grandit, éclate. On comprendra plus tard que cet amour immense sera fauché par une maladie brutale et stupide (les deux amoureux partent en vacances à Madagascar et refusent de suivre les prescriptions du docteur, assimilé à une figure patriarcale de l’ordre bourgeois).
Parallèlement, Jean-Pierre Thorn raconte ses engagements politiques en retrouvant les protagonistes de ses documentaires. On voit un chaudronnier d’Alsthom, un sidérurgiste de Longwy, un graffiti artist, une danseuse de hip hop. Les années ont passé ; les visages ont changé. Mais leur soif d’idéal ne s’est pas tarie.
Révolutionnaire un jour, révolutionnaire toujours. Il n’y a que les imbéciles, dit-on, qui ne changent jamais d’avis. À l’aune de cet adage, Jean-Pierre Thorn est un parfait idiot. Car sa rage révolutionnaire ne s’est jamais apaisée. Aujourd’hui comme hier, il tempête contre l’injustice sociale et les privilèges des possédants. Cette furia peut prêter à sourire, surtout quand elle conduit à une assimilation sans doute fallacieuse entre le mouvement des Gilets jaunes et les grèves de mai 68. Mais cette intransigeance force aussi le respect en ces temps d’inconsistance doctrinale où le « en même temps » macronien tient lieu à beaucoup – y compris à l’auteur de ces lignes – de seule boussole idéologique.
Ricky et Abby vivent à Newcastle dans un logement dont ils n’ont pas les moyens de devenir propriétaires. Ils ont deux enfants. Si leur fille est encore jeune, leur garçon , en pleine crise d’adolescence, leur donne bien du souci. Working poors, Ricky et Abby travaillent du matin au soir. Abby est aide à domicile. Ricky, après avoir enchaîné les petits emplois, veut se mettre à son compte. Il décide de vendre la voiture d’Abby, d’acheter un camion à crédit et de travailler pour une société de livraison.
La Voix des justes est une association qui accueille des enfants et des adolescents autistes, des « cas complexes » que les autres institutions ne peuvent plus ou ne veulent plus prendre en charge. L’Escale forme des jeunes défavorisés à encadrer ces autistes.
Le Temps du ghetto documente l’histoire du ghetto de Varsovie, de sa création en 1940, dans la Pologne occupée par les Nazis, à sa destruction en mai 1943.
Martin Eden est marin. Après avoir porté secours à un jeune homme, il est introduit dans une famille de la grande bourgeoisie napolitaine. Il tombe sous le charme de Elena et décide de s’instruire pour la conquérir.
Matthias (Gabriel D’Almeida Frietas) et Maxime (Xavier Dolan himself) font partie d’une bande de copains amis depuis l’enfance. Issu d’une famille aisée, Matthias est devenu avocat dans un prestigieux cabinet de Montréal. Il vit en couple. Moins privilégié, Maxime doit s’occuper seul de sa mère dépendante. Il est célibataire. Il a décidé de quitter le Québec pour l’Australie.
Dominick Brassan (Jean-Christophe Folly) mène une vie ordinaire en apparence. Il habite un modeste appartement dans une barre d’immeubles déshumanisée de la Place des Fêtes. Il travaille dans un magasin de musique où il refuse avec obstination les promotions que son patron lui propose. Il a une relation avec une marchande d’art Viveka (Isabelle Carré) mais n’accepte pas de lui donner un tour plus sérieux.
Ignorant les réserves de son mari, Lina (Qi Xi) part du nord-est de la Chine pour Paris où elle espère trouver un emploi. Hélas, ses premières semaines en France sont difficiles et elle doit quitter brutalement la famille qui l’exploite comme bonne à tout faire. À la rue, Lina rencontre une compatriote qui lui offre un toit partagé avec d’autres Chinoises clandestines. Sans emploi stable, ces femmes n’ont d’autre alternative pour survivre que de se livrer à la prostitution.
La trentaine, la barbe métrosexuelle, terriblement séduisant, follement intelligent, Aurélien est autiste.
Camille Lepage était une photoreporter passionnée et exigeante. À vingt-six ans seulement, en mai 2014, elle est morte en République centrafricaine au cours d’un reportage.