
Né en 1990, Linn da Quebrada (littéralement « la belle des bas-fonds ») est une idole queer à São Paulo. Il se définit comme un « terroriste du genre » au « physique désobéissant » qui s’est toujours refusé à changer de sexe, mais revendique néanmoins son identité féminine.
Sa musique électro-baile funk enflamme les salles. Sur la chaîne de radio Canal Brasil, il bat en brèche le machisme dominant. Avec son amie Jup do Bairro, un trans noir au physique sculptural, ils forment un duo aussi détonnant qu’attachant.
Claudia Priscilla et Kiko Goifman – auteurs en 2011 de Look at me again sur un transgenre – lui consacre un documentaire couronné par le Teddy Award à la dernière Berlinale.
Bixa, « tapette », est une insulte en portugais. Comme les manifestants de la Gay Pride, « enculés et fiers de l’être » (je cite), Linn da Quebrada entend retourner en fierté l’insulte censée le flétrir. Il est une travestie ; mais il se revendique « tapette ». Entre trans- et cis- il entend imposer son identité à nulle autre pareille : celle d’une femme dans un corps d’homme.
Plusieurs documentaires récents ont suivi des hommes transgenres dans leur processus de réassignation identitaire : Finding Phong au Vietnam, Coby aux États-Unis. Innombrables sont les fictions qui ont mis en scène des héros androgynes, souvent pour souligner les difficultés qu’ils/elles avaient à trouver leur place dans une société qui leur renvoie l’image d’un monstre déviant : l’excellent Girl et sa conclusion tétanisante, Il ou elle, Une femme fantastique…
La position de Linn da Quebrada n’est pas la même : il ne s’agit pas d’un homme qui souhaite changer de sexe mais d’un homme à l’identité féminine qui veut faire entendre sa voix.
Le duo musical qu’il forme avec Jup do Bairro – dont on regrette qu’elle passe au second plan tant sa personnalité éveille, elle aussi, la curiosité – est bluffant. Leurs performances sur scène sont d’une volcanique énergie.
La « douce radicalité de [cette] artiste brésilienne hors normes » (dixit Le Monde) ne laissera pas indifférent.
Toutefois, le documentaire, qui dure 1h15 à peine, tourne vite en rond. On voit Linn da Quebrada sur scène, à la radio, en famille. On apprend, à travers quelques images d’archives, qu’il a survécu à un cancer. On voit aussi complaisamment son sexe et son anus, gros plans dispensables dont on comprend mal la nécessité, si ce n’est de choquer le bourgeois, de défier la censure (le film est interdit aux moins de douze ans en France) et d’épicer un sujet qui l’était déjà suffisamment sans en rajouter.

Au début du vingtième siècle, l’architecte Harald Berger a été recruté par le maharadjah d’Eschnapur pour y construire un hôpital. En chemin vers sa destination, il croise Seetha, une danseuse sacrée, et sa garde. Il la sauve des griffes d’un tigre. Entre l’architecte européen et la jeune femme, le coup de foudre est immédiat. Mais Seetha est promise au maharadjah contre lequel son frère fomente une révolution de palais.


Georges (Gregory Gadebois) est en pleine crise de la quarantaine. Il enseigne le français dans un collège privé de Montréal. Mais ni son métier, ni les disputes qui opposent ses collègues ne l’intéressent plus.
Dans une petite ville insulaire du sud du Japon écrasée par la chaleur estivale, une troupe de théâtre vient donner des représentations. Komajuro, le chef de la compagnie, y a une maîtresse, dont il a eu un fils, Kiyoshi, aujourd’hui adulte, qu’elle a élevé seul.
José Monteiro (Nicolas Duvauchelle) et Maxime Charasse (Raphaël Personnaz) sont amis d’enfance. José est fils d’immigrés espagnols ; Maxime est né dans les beaux quartiers. Mais leur amitié a eu raison jusqu’à présent de leurs différences de classes. José et Maxime n’en peuvent plus de l’autoritarisme de Eddy Laffont (Frédéric Pierrot), l’associé majoritaire de leur société de BTP, qui les a formés, qui leur a donné de plus en plus de responsabilités, mais qui se refuse à passer la main. Poussés à bout, ils complotent à sa perte et recrutent un homme de main, Moïse (Roschdy Zem).
C’est l’histoire d’une jeune fille dont la vie n’a pas commencé sous les meilleures auspices : droguée, violentée, elle se fait néanmoins remarquer par les services d’espionnage qui la transforment en machine de guerre.
En vacances au Maroc avec sa mère et son beau-père qu’il ne supporte plus, Gyllen (Fionn Whitehead, un prénom qui n’aidera pas sa carrière de ce côté-ci de la Manche), vient de prendre la poudre d’escampette au volant du camping-car familial. Sa route croise celle de William, un réfugié congolais.