Ayka a vingt-cinq ans. Elle a quitté le Kirghizistan pour la Russie dans l’espoir d’une vie meilleure. Mais elle accumule les déboires à Moscou. Logée par un marchand de sommeil dans un appartement communautaire surpeuplé, elle est exploitée par des employeurs qui profitent de son statut de sans papiers. Pour lancer un petit atelier de couture, elle s’est endettée et est maintenant harcelée par ses créanciers aux pratiques mafieuses. Quand elle tombe enceinte, elle n’a d’autre alternative que d’abandonner à la maternité son nouveau-né.
Les faits qui précèdent sont progressivement portés à la connaissance du spectateur qui découvre Ayka à la maternité et la suit, caméra à l’épaule, à peine relevée de couches dans un Moscou battu par la neige. On découvre à travers ses yeux son travail harassant pour un patron qui refuse de la payer, la Kommunaulka sordide où elle habite, les appels incessants sur son téléphone portable (ah ! cette sonnerie stridente !) de chasseurs de dettes de plus en plus menaçants.
L’histoire de cette Rosetta centre-asiatique se transforme en calvaire, sa résistance en martyre. La charge pourrait être trop lourde, le sujet étouffant. À force d’ajouter à la liste d’avanies qui s’abat sur la malheureuse, le scénario frise l’overdose. Et il n’échappe pas au simplisme : ainsi de cette insistance à montrer combien la société russe est plus douce aux animaux, tels ceux de ce cabinet vétérinaire où Ayka trouve un refuge éphémère, qu’aux humains.
Mais loin de nous terrasser, Ayka nous subjugue. La raison en est dans l’actrice qui l’interprète. Samal Yeslyamova est kazakhe. Elle tournait déjà dans le précédent film de Sergey Dvortsevoy, Tulpan (2008). Elle a obtenu à Cannes la Palme de la meilleure actrice. Elle la mérite amplement. Engoncée dans une parka trop fine pour les frimas de l’hiver russe, les mains nues, glacées par le froid, elle titube dans les rues de Moscou, affaiblie d’abord par une hémorragie du post-partum et bientôt par un début de mastite. Elle encaisse sans faillir les coups du sort et y pare comme elle peut. La scène finale, qui laisse toutes les options ouvertes, est sublime. Elle rappelle la dernière page des Raisins de la colère. C’est dire…
Rose (Galatéa Bellugi) a seize ans. Enfant de la DDAS, elle obtient l’autorisation d’aller vivre à Paris avec Michel (Lukas Ionesco), son aîné de six ans.
Trois personnages aux pouvoirs surhumains sont réunis dans un asile psychiatrique où le docteur Ellie Staple (Sarah Paulson) teste sur eux un protocole inédit.
En 1897, Edmond Rostand (Thomas Solivérès) est un dramaturge maudit dont les précédentes mises en scène n’ont pas connu le succès. L’immense Sarah Bernhardt (Clémentine Célarié) lui donne une dernière chance : écrire une pièce pour le grand acteur Constant Coquelin (Olivier Gourmet).
Dans le Nord de la France, L’Envol est un centre d’accueil de jour. Grâce à quelques assistantes sociales et quelques bénévoles dévouées, des femmes à la rue peuvent y trouver un havre provisoire : de quoi se doucher et se restaurer, un peu de chaleur…
Une femme est assise dans un café et écrit sur son ordinateur. Autour d’elle des couples discutent de sujets graves : la mort, le suicide, la précarité…
Irene, la petite quarantaine, ne sait plus où donner de la tête. Sa maison tombe en ruines. Sa sœur se réfugie chez elle pour fuir un mari violent. Ses quatre enfants s’agitent, chahutent et se bousculent du matin au soir. Et son aîné va quitter le foyer pour s’engager en Allemagne dans un club de handball professionnel.
Au sortir de l’apartheid, le président Mandela a chargé l’archevêque Desmond Tutu (Forest Whitaker) de présider la Commission Vérité et Réconciliation. Son principe : obtenir des criminels leur confession sincère en échange de leur amnistie.
Carlitos cache une âme démoniaque derrière un visage d’ange. Fils unique, choyé par ses parents qui se désespèrent de son indolence, il n’a qu’un seul loisir et un seul talent : s’introduire dans les riches demeures de Buenos Aires et y voler bijoux et biens de valeurs pour en faire cadeau autour de lui.
Tina travaille aux douanes suédoises. Son odorat surdéveloppé fait d’elle une redoutable policière ; mais sa laideur la maintient en marge de la société. Un jour elle est confrontée à Vore, un homme qui lui ressemble sur bien des points.