À la fin de son service militaire, Yoav (Tom Mercier, révélation du film) a quitté Israël pour s’installer en France. Il y fait la connaissance d’un jeune couple, Émile (Quentin Dolmaire découvert chez Desplechin) et Caroline (Louise Chevillotte, remarquée chez Garrel), qui prend le jeune homme sous sa coupe. Yoav tire le diable par la queue dans un minuscule studio situé près de la place de la République. Il pose pour des photos X, trouve un emploi au consulat général d’Israël, tente de fuir son père venu le ramener en Israël.
Synonymes est inspiré de la vie de Nadav Lapid, enfant terrible du cinéma israélien, qui, en rupture de ban avec son pays, est venu vivre en France au début des années 2000. Synonymes est un film sur l’exil, sur la haine de soi, sur le désir d’ailleurs. C’est un film profondément français, au point parfois de reproduire les tocs d’un certain auteurisme germanopratin, tourné par un étranger à Paris. C’est une œuvre d’une incroyable énergie, qui divisera les spectateurs : on l’adorera ou on le détestera.
J’appartiens hélas à la seconde catégorie. Si, bien sûr, j’ai été impressionné par la puissance du jeu de Tom Mercier que la caméra ne quitte pas d’une semelle de tout le film, j’ai trouvé assez vaine la surenchère de saynètes, pas toujours crédibles censées résumer son exil parisien. On le voit successivement manquer mourir de froid dans un immense appartement de la rue Saint-Dominique après le vol de son sac à dos (sic), ouvrir grand les portes du consulat d’Israël au nom d’une idéologie sans-frontiériste, se mettre les doigts dans l’anus et mimer un orgasme en hébreu (re-sic) pour satisfaire les fantasmes d’un photographe lubrique. C’est beaucoup. C’est trop. Et au bout d’un moment, tandis que le scénario fait du sur place, on décroche sans attendre la scène suivante, qu’on imagine déjà plus audacieuse, plus scabreuse – ce sera un compatriote de Yoav qui remonte une rame de métro, kippa vissée sur la tête en fredonnant la Hatkiva devant des voyageurs tétanisés (dénonciation de l’antisémitisme ambiant ? critique du sionisme ?).
Le plus gênant peut-être est qu’à aucun moment Yoav ne nous touche. Il nous impressionne. Il nous dérange. Mais il ne nous touche jamais. Ce manque d’empathie nous interdit définitivement de partager sa douleur et d’en comprendre les motifs.
Anna (Valeria Bruni-Tedeschi) est réalisatrice de cinéma. Elle travaille à son quatrième film pour lequel elle demande au CNC l’avance sur recettes. Son conjoint lui annonce qu’il la quitte. C’est donc seule qu’elle part en vacances dans la luxueuse villa familiale sur la Côte d’Azur. Servie par une abondante domesticité, elle y retrouve sa mère (Marisa Borini), sa sœur (Valeria Golino) et le mari de celle-ci (Pierre Arditi). Passe le fantôme de son frère mort.
Jared Eamons (Lucas Hedges propulsé ado à problèmes depuis Manchester by the sea) est le fils unique d’un couple aimant. Son père (Russell Crowe lesté – ou pas – de trente kilos supplémentaires) est un prêcheur baptiste. Sa mère (Nicole Kidman joue sans maquillage le rôle d’une épouse botoxée) accepte sans mot dire les oukases de son mari.
Janne (Aenne Schwarz) la petite trentaine vit avec Piet (Andreas Döhler). Le couple, très investi dans son travail, a fondé une maison d’édition qui bat de l’aile après le départ de leur associé. Il prend la décision de quitter la ville pour s’installer à la campagne dans une maison que leur cède un proche.
En 1979, le communisme impose sa loi d’airain en Allemagne de l’Est, claquemurée derrière un mur infranchissable. Quelques esprits rebelles rivalisent d’ingéniosité pour le franchir. Les Strelzyk et les Wetzel imaginent de le faire par la voie des airs, en montgolfière. Une première tentative échoue de justesse.
En 1973, lorsque la junte de Augusto Pinochet renverse le gouvernement de Salvador Allende et arrête en masse ses supporters, des réfugiés politiques affluent dans les ambassades étrangères de Santiago en quête de protection. L’ambassade d’Italie leur a ouvert ses portes.
Salam (Kais Nashif) est un Arabe israélien de Jérusalem. Chaque jour, il va travailler à Ramallah avec son oncle à une série télévisée à succès Tel Aviv on Fire dont le rôle principal est interprété par une vedette française (Lubna Azabal). Il se retrouve bientôt en charge de rédiger le scénario des derniers épisodes.
Jonah a dix ans à peine. C’est le cadet d’une fratrie de trois garçons. Sa mère d’origine italienne et son père portoricain se sont rencontrés à Brooklyn et ont laissé derrière eux des familles, qu’on imagine volontiers hostiles à leur rapprochement, pour vivre à la campagne dans le nord de l’État de New York.
Quatre kaïras et leur éducateur (sic) braquent un supermarché.
La quarantaine bien entamée, Mario (Bouli Lanners) vit seul avec ses deux filles. Sa femme vient de le quitter. Niki, l’aînée, qui fêtera bientôt ses dix-huit ans, supporte vaillamment la séparation. Frida, la cadette, la vit plus mal. Mais, de tous, c’est Mario qui est le plus désemparé.