Kostis est en pleine crise de la quarantaine (lui aussi !). Il accepte un travail de médecin dans une île perdue des Cyclades. Il s’y ennuie ferme pendant tout l’hiver avant qu’arrivent l’été, son lot de touristes et de « chattes en chaleur » (sic). Le docteur soigne dans son cabinet Anna. Il suit ses amis à la plage, au camping, en boîte. Il couche même avec Anna mais les sentiments vite obsessionnels qu’ils éprouvent pour elle ne sont pas partagés.
L’Année des Méduses 2016.En 1984, Valérie Kaprisky faisait scandale dans le film de Christopher Frank en draguant, seins nus, à Saint-Tropez des hommes mariés. La société a bien changé. Les lolitas dévergondées ne choquent plus personne. Dans Paradis : Amour, Ulrich Seidl décrivait une quinquagénaire autrichienne achetant sur la côte kényane les services tarifés d’un bel éphèbe noir. Ce sont les mêmes mécanismes qui sont à l’œuvre entre Kostis et Anna, si ce n’est que l’argent ne permet pas à l’offre et à la demande de sexe de se rencontrer. D’un côté un nounours bedonnant désespérément en manque d’amour ; de l’autre une jeune fille de son temps qui a décidé de « s’éclater » avec ses copains sans penser à mal.
Houellebecq en Grèce. Bien qu’il ne soit pas crédité au générique, le romancier français a inspiré le film de Argyris Papadimitropoulos. Notamment Extension du domaine de la lutte qui mettait en scène un quarantenaire pathétique en quête d’amour et de sexe et, plus encore, Plateforme, où Houellebecq théorisait l’inégalité dans l’accès des individus au sexe, fonction quasi-linéaire de l’âge du physique et du revenu.
Tout le film est tourné à travers les yeux de Kostis et documente avec masochisme sa lente descente aux enfers. Sans doute, dans un premier temps partage-t-on sa joie à rencontrer Anna, son émotion à découvrir son corps nu, son excitation à lui faire – trop brièvement – l’amour sur une plage déserte. Mais le bonheur est de courte durée. L’attirance de Kostis pour Anna est obsessionnelle. Le film se construit dans sa seconde partie sur le décalage entre le spectateur, qui a compris immédiatement que les efforts de Kostis sont ridicules, et Kostis qui s’entête morbidement malgré les rebuffades de moins en moins diplomatiques. On se demande jusqu’où cette attirance malsaine le conduira. La dernière scène du film n’est pas la plus mauvaise qui laisse la question ouverte.
En 1979, l’intellectuel noir américain James Baldwin (1924-1987) a commencé l’écriture d’un livre qu’il n’a jamais achevé. Remember This House raconte la lutte de trois de ses cadets, morts assassinés avant quarante ans : le leader des Black Panthers Malcom X (1925-1964), le militant pour les droits civiques Martin Luther King (1929-1968), le membre de la NAACP Medgar Evers (1925-1963). Le réalisateur haïtien Raoul Peck le met en images et lui donne la voix, belle et grave, de Samuel Jackson (Joey Starr dans la version française)
En provenance du Cap, Jacob King débarque à Los Angeles à la recherche de sa sœur dont il est sans nouvelle. Il découvre bientôt qu’elle a été sauvagement assassinée. Il mène l’enquête à sa façon.
Il est des films dont la bande-annonce suffit à me séduire. La La land évidemment. Miss Sloane. Mais aussi cet Amant d’un jour dont le beau noir et blanc m’a immédiatement touché. Mon coup de foudre doit beaucoup – il me faut le confesser – au beau visage grave de Louise Chevillotte qui, d’une voix suave, rappelle à son professeur de philosophie leur première rencontre : « Quand tu as dit « La philosophie n’est pas un divorce avec la vie »/ Tu m’as regardée / Tu t’es arrêté juste en face de moi / Je me suis sentie complètement toute nue / Je suis tombée amoureuse de toi »
Lou, Friedrich, Rainer, Sigmund… Lou
Sur le chemin des vacances, Victor (Eric Judor) a accepté, non sans réticence, de rendre visite au professeur de yoga de sa femme qui s’est installé au bord d’une rivière pour y faire obstacle à un projet de parc aquatique. Amusé et moqueur, il découvre les us et coutumes d’une communauté zadiste, écolo et baba-cool. Quand une mystérieuse pandémie dévaste la planète, laissant seuls au monde cette petite bande de pied nickelés, il n’a d’autre choix que de s’y installer à demeure.
Tout s’écroule autour de Jorge. Son couple se délite. Son entreprise a déposé le bilan. Son pays est au bord de la faillite économique. Pour retenir son épouse, Jorge accepte de prendre un emploi de gros bras dans une entreprise de recouvrement de dettes.
Sur une île coupée du monde, après un grave accident industriel, les habitants survivent tant bien que mal. Birdboy est hanté par la mort de son père. Dinky ne supporte plus ses parents et décide de quitter l’île avec deux amis. Zacharias est un pêcheur, étouffé par une mère possessive, qui trafique de la drogue à ses heures perdues.
Chloé a mal au ventre. Son mal lui dit-on, est psychosomatique. Elle consulte un psychiatre, dont elle tombe amoureuse, qui l’aide à identifier le syndrome familial qui en était la cause. Mais, après que le jeune couple se sera installé ensemble, elle découvrira que son conjoint lui a caché un pan de sa vie.
La Cinémathèque française a consacré le mois dernier une rétrospective à Jacques Becker. l’un des plus grands réalisateurs des années 50, il a laissé une œuvre hétéroclite : des films naturalistes (Goupi mains rouges, Casque d’or), des polars (Touchez pas au grisbi), des œuvres plus intimistes qui annoncent la Nouvelle vague (Rendez-vous de juillet, Rue de l’estrapade).