
Pansy (Marianne Jean-Baptiste) est une vieille femme acariâtre, rongée par la dépression, qui fait vivre un enfer à son mari et à son fils. Sa sœur Chantal (Marianne Austin) est son parfait opposé, qui travaille dans son salon de coiffure et entretient avec ses deux filles, Kayla et Aleisha, une relation aimante et complice.
Mike Leigh est un des plus grands réalisateurs britanniques. Palme d’or à Cannes en 1996 avec Secrets et Mensonges, Lion d’or à Venise en 2004 avec Vera Drake, il revient à quatre-vingts ans passés au drame intimiste après un détour par le biopic historique (le très réussi Mr Turner en 2014).
L’héroïne de Deux sœurs n’est pas aimable. Pire : elle est détestable. Au point parfois d’en être drôle façon Tatie Danielle dans ses interactions avec son docteur, sa dentiste, une caissière au supermarché… Pansy est fâchée avec la terre entière. Pourquoi ? On le découvrira progressivement, même si son état ne tient pas à une cause unique : le divorce de ses parents, la mort de sa mère, un mariage sans amour… Elle en fait payer le prix à son mari, qui s’use la santé dans son travail, et à son fils, obèse, qui a trouvé la meilleure parade en se murant dans le silence. Ce personnage secondaire-là, quasi-muet, est très attachant et l’avant-dernière scène sans paroles du film, qui le retrouve à Picadilly Circus, est bouleversante.
En contrepoint du foyer de Pansy, maniaquement entretenu et d’une froideur glaciale, on découvre celui de Chantal, bigarré, mal rangé et bruyant. Ses filles sont des rayons de soleil, même si la vie n’est pas tendre avec elles – l’aînée se fait martyriser par la directrice de l’agence de publicité qui l’emploie. On apprend qu’après le divorce de leurs parents, Pansy a assumé une partie de l’éducation de sa sœur cadette. Chantal, profondément empathique, voudrait aider son aînée, la sortir de sa déprime, la purger de sa fielleuse acrimonie. Le film est l’histoire de ses tentatives avortées. Sa fin pourrait sembler frustrante sinon paresseuse. Elle laisse ouverts tous les possibles et nous laisse imaginer le destin de ces personnages attachants.
La petite ville de Carthage, dans l’est du Texas, a connu dans les années 90 un fait divers retentissant : Bernie Tiede (Jack Black), directeur adjoint de l’entreprise de pompes funèbres municipale, un homme charmant adoré de la communauté, a assassiné Marjorie Nugent (Shirley McLaine), une riche veuve acariâtre dont il partageait depuis quelque temps la vie.
Alors qu’il approche de la cinquantaine, Nicolas Burlaud, un vidéaste marseillais, est foudroyé par une crise d’épilepsie. Une batterie d’examens révèle une alteration de son hippocampe, une structure de l’encéphale qui joue un rôle central dans la mémoire. Cette révélation le conduit à s’interroger sur son travail au sein de la chaîne de télévision locale Primitivi.
Eiko est une jeune orpheline, dont la mère, une ancienne geisha, vient de mourir et dont le père, perclus de dettes, ne peut subvenir à l’éducation. Aussi demande-t-elle à Miyoharu de la former au métier de geisha. Pour ce faire, Miyoharu doit s’endetter auprès de Okimi, la riche propriétaire d’une maison de thé. En échange, une fois EIko formée, Okimi exige des deux femmes qu’elles cèdent aux avances de deux clients, un businessman et un haut fonctionnaire. Eiko s’y refuse et blesse l’homme d’affaires qui était sur le point de la violer. Cet incident ulcère Okimi qui retire aux deux geishas tous leurs engagements.
Joe, la cinquantaine bien déglinguée, habite New Lodge une enclave républicaine au nord-ouest de Belfast. Il a vécu dans sa chair la guerre civile qui a longtemps fait rage en Irlande du Nord, opposant les protestants, fidèles à la couronne britannique, aux catholiques qui revendiquaient l’unité de l’Irlande. Il y a perdu un jeune oncle, âgé de dix-sept ans à peine, dont la mort en 1975 ne cesse de le hanter. Révolté par le trafic de drogue qui sévit au pied de son immeuble, il a entamé une grève de la faim, similaire à celle qu’avait menée Bobby Sands en 1981.
La Belle Etoile, c’était le nom d’un centre de redressement, à Mercury, au-dessus d’Albertville, dirigé d’une main de fer par un abbé catholique. Placés par la Ddass, André, Michel et Daniel y passèrent une partie de leur enfance et en furent marqués à jamais. La documentariste Clémence Davigo les a retrouvés au crépuscule de leur vie et a recueilli leurs témoignages alors qu’ils tentent d’obtenir de l’Eglise catholique sinon une réparation du moins des excuses.
Deux immigrés roumain et bulgare montent clandestinement à bord d’un porte-conteneur. Il appareille d’Espagne vers l’Amérique. L’un d’eux est rapidement découvert. L’autre réussit à se cacher avec la complicité d’un contre-maître taïwanais.
September et July sont sœurs. Leur mère Sheela est photographe et les élève seule. September et July entretiennent une relation exclusive qui les met en marge des autres élèves de leur école. Leur mère décide de déménager au bord de l’océan dans la maison de ses beaux-parents.
Emilie Brisavoine a plongé dans les archives familiales pour dresser le portrait de sa mère.