Coutures ★☆☆☆

Quatre femmes se croisent à Paris lors de la Fashion Week.
Maxine (Angelina Jolie), une réalisatrice américaine de films Z, a été choisie par une maison de haute couture pour réaliser le vidéo-clip qui accompagnera son défilé.
Ada (Anyer Anei) est une jeune mannequin sud-soudanaise qui fait ses premiers pas sur les catwalks.
Angèle (Ella Rumpf) est une maquilleuse qui court les shootings pour gagner sa vie mais aspire à devenir écrivaine et noircit des carnets.
Christine (Garance Marillier) est une couturière qui s’est vu confier le soin de réaliser la robe qui fera l’ouverture du défilé.

Scénariste de tous ses films (Augustine, Maryland, Proxima, Revoir Paris), Alice Winocour choisit une fois encore de donner le premier rôle aux femmes. Cette fois-ci, elle opte pour le film choral. C’est donc par une narration éclatée que nous découvrirons tour à tour l’histoire de Maxine, d’Ada, d’Angèle et de Christine.

Le procédé a ses inconvénients, bien connus, que Coutures n’évite pas : certaines histoires sont plus intéressantes que d’autres, certaines prennent plus de place que d’autres. Ici, la balance penche en faveur d’Angelina Jolie dont le statut de star et aussi l’indéniable charisme ont conduit la réalisatrice à lui donner la part du lion. Son histoire envahit le film au détriment des trois autres actrices, notamment au détriment de Garance Marillier dont le personnage est réduit à quasiment rien. Celui d’Angelina Jolie bénéficie au contraire de longs développements qui nuisent à la cohérence du récit même s’ils approfondissent le personnage : un oncologue plein d’empathie (Vincent Lindon) lui annonce qu’elle souffre d’un cancer du sein et un assistant réalisateur affectueux (Louis Garrel) lui apporte la tendresse dont elle a cruellement besoin.

Coutures m’a semblé être un exercice de style un peu vain, une ronde sans centre, une roue sans moyeu. Si le sujet du film est la haute couture, Alice Winocour aurait dû le raconter autrement, prendre une autre focale pour décrire le travail minutieux des couturières, la beauté fragile des modèles, le talent des artistes et la superficialité de ce luxe « inutile et nécessaire ». On lui préfèrera les documentaires autrement plus éclairants sur Yves Saint Laurent ou Olivier Rousteing.

La bande-annonce

Un commentaire sur “Coutures ★☆☆☆

  1. Le film est inégal et le montage fouillis. Et oui la place prise par Angelina Jolie est disproportionnée par rapport aux 3 autres femmes . Il n’en reste pas moins vrai que les blessures y sont énoncées clairement . Voici ce que j’ai écrit dessus :
    « Coutures » d’ Alice Winocour
    j’y suis allée vierge de toute information en pensant voir un film sur les coulisses de la haute couture. Alors oui, on arpente bien les coulisses de la « Fashion Week » parisienne, mais le film aurait tout aussi bien pu s’appeler « réparation » ou « cicatrices ».
    Quatre femmes sont aux prises avec l’objectif de la réalisatrice Alice Winocour qui capte les cicatrices qui les déchirent et la manière dont elles tentent de vivre avec. Certaines ont du temps devant elles pour trouver les « bons » pansements afin d’ avancer dans leurs vies. ( La mannequin soudanaise débutante, la jeune couturière surdouée et la maquilleuse qui rêve d’être écrivain et nous sert de narrateur ) .

    D’autres , comme la réalisatrice d’un film de promo du défilé de mode, Maxine de son prénom, jouée par Angelina Jolie, est violemment prise par le temps … le temps de la maladie qui la dévore et qui va dévaster sa vie.

    Alors elles composent leur musique … chacune comme elles le peuvent, et en dépit d’un montage un peu brouillon, on s’attache vite aux pas de chacune d’entre elles.

    Mais pourquoi donc Alice Winocour a-t-elle éprouvé le besoin d’insérer une scène semi Gore de vampires au milieu du film ? Est ce sa façon à elle de caractériser le monde de la haute couture? Ou est ce un clin d’œil à sa comparse Coralie Fargeat qui a réalisé l’étonnant et détonnant « The substance » l’année dernière ?

    Peu importe, c’est juste un peu long cet extrait sur ce clip vampiresque mais Louis Garrel dont le personnage ( d’assistant réalisateur de Maxine) prend consistance à ce moment-là dans le film, nous divertit et nous remet très vite dans le sujet. ( Belle gueule et beau corps pour cet acteur qui vieillit très bien ! Et est bien dans son rôle. ) Globalement, le casting de tous les acteurs s’avère juste.

    Inégal mais très intéressant et soulevant de nombreuses questions, le film choral et original
    «  Coutures » d’Alice Winocour mérite d’être vu.
    @Beamono

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