C’est l’été dans le Sud de la France. Le vent se lève, les incendies menacent. Philippe (Roschdy Zem) se dévoue corps et âme à la caserne de pompiers qu’il dirige au point d’y avoir sacrifié sa vie de famille et l’éducation de sa fille. Ses hommes lui obéissent au doigt et à l’oeil. Cette belle concorde sera-t-il mise à mal par l’arrivée de Bénédicte (Emilie Dequenne) ?
La vie d’une caserne de police au quotidien. Les Hommes du feu reprend les mêmes recettes que Polisse : documenter un microcosme. Pierre Jolivet le fait avec une application presque tâcheronne. Il accumule les vignettes qui permettent de passer en revue tous les aspects du travail en SDIS : la lutte contre les incendies de forêt bien sûr, mais aussi l’intervention dans les banlieues dites sensibles sous les insultes des « cailleras », l’accouchement en urgence d’une parturiente, les troisièmes mi-temps bien arrosées et les vies familiales sacrifiées. On imagine que Pierre Jolivet s’est longuement documenté. On imagine volontiers aussi que son film à la gloire de ces hommes du feu sera systématiquement diffusé dans les casernes et y connaîtra une belle postérité.
Une accumulation d’histoires ne fait pas un film. On sent que les scénaristes ont beaucoup hésité : la menace de la fermeture de la brigade pour d’obscures raisons administratives ? la recherche d’un pyromane ? une enquête administrative interne provoquée par la négligence d’un pompier ? En fait, le fil du film, c’est Bénédicte, cette jeune pompier (pompière ?) qui, tel un chien dans un jeu de quilles, déboule dans un milieu exclusivement masculin et volontiers misogyne. Elle s’y fera accepter à force de persévérance.
Les Hommes du feu est à tel point lesté de bons sentiments qu’il menace de se noyer sous leurs poids. C’est un film positif, presque naïf, tout entier à la gloire des Services d’incendie et de secours. Pourquoi alors trois étoiles ? Parce que Les Hommes du feu m’a touché. Parce que je suis un irréductible fidèle du cinéma de Pierre Jolivet que je suis depuis qu’il est passé de l’autre côté de la caméra (il avait entamé avec son frère Marc une carrière d’acteur dans les années soixante-dix) : Force majeure, Simple mortel, En plein cœur, Ma petite entreprise… Un cinéma français qui s’assume : sans chichiter comme les soi-disants héritiers de la nouvelle garde prétendent le faire, sans loucher vers Hollywood dont ce cinéma-là n’aura jamais les budgets, qui raconte une histoire et lui donne vie grâce à une direction d’acteurs impeccable. Un cinéma que j’aime.
Pourquoi y a-t-il aussi peu de femmes chefs ? Pourquoi des hommes, barbus et tatoués de préférence, tel le chef danois René Redzepi, trustent-ils les premières places de tous les classements gastronomiques alors que partout sur la planète, des zones les plus reculées jusqu’à nos sociétés postmodernes, les femmes sont encore trop souvent reléguées à leurs fourneaux ?
Après Mad Max (1979), Mad Max II – le défi (1981) et Mad Max – Au delà du dôme du tonnerre (1985), il a fallu attendre trente ans la sortie de Mad Max: Fury Road.
On réagira différemment selon ses opinions politiques à La Loi du marché présenté à Cannes en 2015 et couronné par le César du meilleur film.
Ex Machina avait tout pour plaire.
Produit par mon ami Henri Magalon « La Porte d’Anna » est un documentaire tourné à la fondation Vallée dans le Val-de-Marne. Cet établissement pédopsychiatrique accueille des adolescents autistes et psychotiques.
Un Français est un film à voir ou à revoir. Mais pas pour les raisons qu’on croit.
Vous vous riez de mon goût immodéré des films kirghiz muet en noir et blanc.
Tous les ingrédients étaient réunis pour que je déteste Valley of Love : des critiques calamiteuses, deux acteurs que je n’aime pas (Depardieu et Huppert dans leur propre rôle), un scénario dénué de crédibilité (un fils suicidé donne rendez vous à ses parents dans la Vallée de la mort) et un titre à deux balles.
Simon et Sifredi sont frères. Vincent Pouplard les filme dans leur marginalité. Pas comme des bêtes sauvages menaçantes, mais comme des hommes tout simplement.