Miles Monroe (Woody Allen himself) a été cryogénisé en 1973. Il est ranimé deux cents ans plus tard par un groupe de médecins. Ils espèrent que Miles les aidera à renverser la dictature qui les oppresse. Poursuivi par la police, Miles trouve refuge dans la maison de Luna Schlosser (Diane Keaton herself).
En 1973, Woody Allen n’est encore qu’un gagman hilarant qui après avoir acquis la célébrité dans la stand up comedy est depuis peu passé derrière la caméra. Il n’a pas encore pris le tournant qui le conduira, sur un mode moins loufoque, à réaliser ses chefs d’œuvre de la fin de la décennie : Annie Hall et Manhattan.
Woody et les robots reprend les mêmes recettes que ses films précédents. Braqueur de banque (Prends l’oseille et tire-toi), guérillero sandiniste (Bananas) ou New-yorkais projeté malgré lui dans un futur inquiétant (Woody et les robots), Woody Allen y joue le seul rôle qu’il ait jamais loué : un shmuck à lunettes, un clown triste et peureux d’une pathologique maladresse et d’un pessimisme indécrottable.
Comme toutes les comédies de Woody Allen, celle-ci est ponctuée de répliques désopilantes, d’aphorismes hilarants, parfois un peu trop écrits pour être naturels. Un échantillon :
« My brain? It’s my second favorite organ! »
« It’s hard to believe that you haven’t had sex for 200 years. / 204, if you count my marriage. »
« Science is an intellectual dead end, you know? It’s a lot of little guys in tweed suits cutting up frogs on foundation grants. »
« I’m always joking, you should know that about me; it’s a defense mechanism. »
« You don’t believe in science, and you also don’t believe that political systems work, and you don’t believe in God, huh? / Right. / So then, what do you believe in? / Sex and death – two things that come once in a lifetime… but at least after death, you’re not nauseous. »
Woody et les robots a horriblement vieilli. D’ailleurs devait-il déjà être démodé au moment de sa sortie. Mais il a tellement vieilli que ses défauts ont disparu : l’indigence du scénario, la lourdeur des gags, la pauvreté des effets spéciaux…
Restent uniquement la drôlerie des dialogues et le plaisir de voir Diane Keaton. À vingt-sept ans, elle rayonne de beauté et révèle un étonnant potentiel comique que son visage de madone ne laissait pas augurer. Chaque plan d’elle est une déclaration d’amour que lui adresse Woody Allen. Elle y répond avec une désarmante ingénuité. Et surtout avec un fou-rire qu’on sent poindre à chaque fin de scène et dont on s’imagine sans peine avec quelle spontanéité il a éclaté juste après le Cut.
En 1721, le régent Philippe d’Orléans propose un « échange de princesses » pour éviter qu’une nouvelle guerre n’éclate entre la France et l’Espagne. L’infante Anna Maria Victoria épousera à Paris le roi Louis XV. La propre fille du Régent épousera quant à elle à Madrid le prince des Asturies.
Parce qu’une villageoise a chu devant elle en revenant du puits, Shula, neuf ans, est accusée de sorcellerie. Elle est condamnée à rejoindre un groupe de sorcières. Les pouvoirs de divination qu’on lui prête la valorisent autant qu’ils la stigmatisent.
En juillet 1973, à Rome, John Paul Getty III, le petit-fils du milliardaire américain, est kidnappé. Une rançon de dix-sept millions de dollars est exigée par les ravisseurs. Problème : son grand-père, célèbre pour son avarice, refuse de se payer. Sa mère parviendra-t-elle à faire céder l’inflexible vieillard ?
Moonee (Brooklynn Prince) a six ans à peine et de l’énergie à revendre. Elle passe ses journées à faire des bêtises avec ses jeunes amis. Elle vit dans une chambre d’un motel miteux avec sa très jeune mère qui ne la surveille guère. Halley (Bria Vinaite) a trop de mal à rassembler l’argent de la chambre pour s’occuper de sa fille qu’elle chérit. Seule figure paternelle : Bobby (Willem Dafoe), le manager du motel, veille sur elles.
Maria Callas a marqué le siècle. Née en 1923 à New York, Mary Kaloyeropoulou retourne avec ses parents en Grèce où elle est formée à l’art lyrique. Son talent, son travail, ses qualités d’actrice – à une époque où les chanteurs d’opéra ne s’embarrassaient guère de jouer – lui valent une rapide célébrité. Elle inscrit son nom au répertoire des œuvres les plus difficiles et des scènes les plus prestigieuses (la Scala, l’Opéra Garnier, le Met’). Elle devient une diva, voire « la » diva, à une époque où le star system s’organise autour de quelques figures érigées au rang de mythes : Marylin, BB, Sophia Loren…
En 1960, consul de France à Los Angeles, prix Goncourt 1956 grâce aux Racines du ciel, Romain Gary écrit son autobiographie. Ce sera La Promesse de l’aube. L’écrivain célèbre y parle de son enfance en Pologne, de son arrivée en France, de son engagement dans la France libre de De Gaulle, de ses débuts comme romancier. Mais il y parle surtout de sa mère Mina qui l’a élevé seul, qui l’a adulé et qui lui a transmis son ambition démesurée. « Avec l’amour maternel, la vie vous fait, à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais. Chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. »
Ariane Chavasse (Audrey Hepburn plus juvénile que jamais) étudie le violoncelle au Conservatoire et partage un petit appartement sous les toits de Paris avec son père veuf. Claude Chavasse (Maurice Chevalier et son accent so frenchie) exerce la profession de détective privé. Il traque au Ritz Franck Flannagan un richissime américain (Gary Cooper et ses cheveux blancs si séduisants) qui y collectionne les conquêtes. Un mari trompé, renseigné par Chavasse, veut se venger de Flannagan ; mais Ariane décide de s’interposer.
Lucky a quatre vingt dix ans passés. Sa vie solitaire suit chaque jour le même cours paisible : la radio au réveil, quelques mouvements de gymnastique, un verre de lait, une promenade jusqu’au drugstore où l’attendent son café et ses mots croisés, les jeux télévisés puis, au crépuscule, un Bloody Mary au bar du coin en compagnie de quelques vieux amis.
Un couple. Un foyer. Il meurt dans un accident de voiture. Elle le pleure. Mais il est toujours là. Il est devenu un fantôme. Sous un drap blanc. Sa présence défie le temps.