Deux frères, Paul (Félix Maritaud) et Sam (Kacey Mottet Klein), braquent un camion de l’entreprise de logistique qui les emploie avec la complicité de l’assistante du directeur (Olivia Côte). Mais le conducteur est tué pendant le braquage. L’enquête menée par la gendarmerie a tôt fait de remonter leur piste. Le trio, lui, a tôt fait de se diviser.
Le jeune réalisateur Maxime Caperan plante pour son premier film sa caméra dans la Creuse, à mi-chemin de Guéret et de La Souterraine. Façon pas très subtile de montrer qu’il se déroule dans la France profonde. Il a pour toile de fond la crise des Gilets jaunes. Façon guère plus subtile de souligner que ses héros, des Français ordinaires accablés par un travail abrutissant, sont au bord de l’explosion.
Maxime Caperan entend jouer sur deux tableaux. D’un côté, une chronique sociétale de cette France qui s’ennuie et qui gronde. De l’autre, un film noir, un polar tendu comme on en lisait jadis dans la Noire, qui débute par un braquage et se termine très classiquement par une cavale.
Le résultat n’aurait pas grand intérêt s’il n’était servi par un trio d’acteurs remarquables. Kacey Mottet Klein, qui était il y a quelques années seulement, un adolescent en pleine croissance est devenu adulte, prématurément vieilli par une calvitie précoce. Aussi électrique qu’il l’était dans Sauvage qui l’a révélé en 2018, Félix Maritaud interprète son frère aîné et son contraire : autant Sam est timide, doux et effacé, autant Paul est extraverti, violent et solaire. Beau comme un diable, il a fait la conquête de Suzanne, interprétée par Olivia Côte. Séparée de son mari (Eric Caravaca) pour des motifs qu’on comprendra bientôt, isolée dans une ferme qu’elle ne peut plus entretenir, lestée d’une ado rebelle (Bonnie Duvauchelle, la fille de Nicolas Duvauchelle et de Ludivine Sagnier), Suzanne se met à douter : l’amour de Paul est-il sincère ? ou a-t-il été inspiré par la perspective du braquage ?
Ce trio remarquable et les tensions qui le divisent font l’originalité d’un film qui, sans lui, aurait été bien quelconque.
Julie est une jeune joueuse de tennis pleine de talent. Son entraîneur, Jérémy, est mis à pied par la direction du club flamand qui l’emploie. Les raisons de cette éviction ne sont pas dévoilées ; mais le témoignage de Julie, qui était l’élève la plus prometteuse de Jérémy, va s’avérer déterminant.
À une semaine d’écart, les 22 et 29 janvier derniers, sont sortis deux documentaires similaires. Ils avaient l’école pour objet et suivaient pendant une année les élèves d’une classe de troisième d’un collège du XVIIIème arrondissement pour Château Rouge de Hélène Milano et d’une école primaire d’Ivry sur Seine pour Apprendre de Claire Simon. La seconde réalisatrice est bien connue, qui a derrière elle, à soixante dix ans passés, une longue filmographie (on lui doit aussi bien des films de fiction que des documentaires). La première fut longtemps actrice avant de passer derrière la caméra.
Maria raconte les derniers jours de la Callas (Angelina Jolie), recluse à Paris dans son immense appartement de l’avenue Georges-Mandel, en septembre 1977. Gavée de médicaments, rachitique à force de régimes, la voix exténuée, la diva avait perdu l’espoir de jamais remonter sur scène et s’étiolait. Elle ne tolérait plus que la compagnie de ses fidèles domestiques, son majordome (Pierfrancesco Favino) et sa cuisinière (Alba Rohrwacher).
Cathy Tuche (Isabelle Nanty) est fascinée par la famille royale. L’occasion lui est enfin donnée de se rendre en Angleterre lorsque son petit-fils est sélectionné par la pépinière de jeunes talents d’Arsenal. Son mari, Jeff Tuche (Jean-Paul Rouve), sa mère et ses trois enfants l’accompagnent dans ce nouveau voyage.
Le mari de Yoriko
Maria (Ariane Ascaride) a un cœur gros comme ça. Aide à domicile, elle se dévoue corps et âme pour les personnes âgées qui l’emploient. Elle est en adoration devant son petit-fils, un jeune prodige du piano. Pour qu’il ait son propre instrument et reçoive des cours particuliers, elle a pris l’habitude d’abuser de la faiblesse de ses employeurs, qui lui vouent une confiance aveugle.
La trentaine bien entamée, Geoffrey a fini de purger la longue peine à laquelle il avait été condamné pour un crime commis dans la capitale. À sa sortie de prison, son oncle le ramène à Shimoni, le village du sud du pays où il a grandi. Le curé a accepté de le prendre à son service en cachant au reste de la population son passé. Ancien professeur d’anglais, Geoffrey se voit ravalé au statut de garçon de ferme.
Au début des années cinquante, François grandit dans un pavillon de banlieue banal, près de Paris, au bord de la Marne. Il n’a quasiment plus de lien avec son père biologique et a reporté tout son amour filial sur son beau-père, un homme taiseux au passe-temps original : il s’est mis en tête de reconstruire dans son jardin le voilier du célèbre navigateur américain Joshua Slocum qui entreprit à la fin du dix-neuvième siècle le premier tour du monde en solitaire à la voile.
Le lundi 6 janvier s’ouvrait devant le tribunal judiciaire de Paris le procès du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Le surlendemain sortait en salles ce documentaire. Son titre lance un pari : rendre intelligibles des faits matériellement établis dont la stratégie de défense du principal accusé consiste à affirmer qu’on n’y comprend rien.