Victor comme tout le monde ★☆☆☆

Robert Zucchini (Fabrice Luchini) lit sur scène Hugo au théâtre de la Porte Saint-Martin. Il y évoque évidemment la figure de Léopoldine, la fille bien-aimée d’Hugo, morte noyée dans la Seine à dix-neuf ans à peine à Villequier. Zuchini apprend la mort de son ex-femme. Il a quasiment perdu tout contact avec sa fille Lisbeth (Marie Narbonne) mais saisira cette occasion pour renouer le lien et entreprendre avec elle un pèlerinage à Guernesey

Pascal Bonitzer a repris un projet que son ex-compagne, Sophie Filières, décédée en 2023, n’avait pu mener à terme. Il filme Fabrice Luchini dont on sait le succès que ses lectures (de Céline, de Péguy, de Baudelaire, de La Fontaine…) rencontrent.

Ce film repose sur un malentendu. Ses spectateurs aiment Luchini et, pour moi qui ne l’aime guère, son insupportable cabotinage. Ils escompteront la version filmée de son spectacle, Luchini dans son propre rôle, sur scène lisant Hugo. Or ce film est autre chose, comme son titre, son affiche, sa bande-annonce, le nom du personnage principal essaient de nous le faire comprendre.

On n’y voit que peu Luchini en scène. Et c’est bien dommage. Car c’est ce qui, de lui, est le plus passionnant : son érudition, sa gourmandise à lire Hugo, son plaisir à partager avec le public, dans une interaction souvent surprenante, le plaisir qu’il prend à le lire… et, au-delà de la beauté des vers, toute une pédagogie de l’artiste et de son œuvre dont on ressort un peu moins ignare qu’on y était entré.

Hélas, Victor comme tout le monde n’est pas Fabrice Luchini lit Victor Hugo. Le scénario a la mauvaise idée de lester les trop brèves apparitions sur scène de Luchini l’artiste de la vie fictionnelle de Zuchini le personnage. Zuchini, qui porte bien son nom de fruit aqueux et fade, partage la vie de Chiara Mastroianni, en déplacement à Las Vegas, dont on comprend mal ce qu’elle est venue faire dans cette galère. Zucchini a une fille perdue de vue avec laquelle il renoue un lien disparu. Il se rend avec elle à Guernesey où il visite bien entendu Hauteville House, sa galerie de chêne, son look-out…. On se croirait dans une émission subventionnée par l’office de tourisme. Que dire enfin de l’épilogue qui se voudrait une réplique cathartique de la mort de Léopoldine ? Ridicule….

La bande-annonce

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