
Le père de Felice nourrit pour le garçonnet l’espoir d’en faire un champion de tennis. Il recrute un coach privé pour l’accompagner sur le circuit. Mais le gamin, écrasé par l’ambition de son père, n’a guère de talent et le coach, vieille gloire du tennis et dragueur invétéré qui a sombré dans la dépression, révèle vite ses failles.
Il Maestro nous ramène dans l’Italie des années 80, celles d’Ivan Lendl et de Guillermo Vilas. Le premier jouait un tennis froid et méthodique qui avait raison de la patience de tous ses adversaires. C’est celui que le père de Felice a inculqué à son fils. Le second au contraire était un fêtard, pratiquant le service-vollée comme le coach de Felice.
L’attelage de ces deux contraires, formé par Felice et son coach, est à la fois original et convenu. Original : Il Maestro met en scène, à fronts renversés, un gamin rigoureux et un adulte border line. Seconde originalité : il nous plonge dans le monde du tennis. Convenu : on a déjà vu mille fois des buddy movies forçant deux contraires à s’apparier, entretenant au début une cohabitation chaotique et dont on sait par avance qu’ils tomberont dans les bras l’un de l’autre en apprenant de leurs différences.
Le scénario d’Il Maestro prend son temps. Le film dure plus de deux heures. Il nous fait faire le tour de l’Italie. Peut-on dire qu’il suit un chemin prévisible ? Ce serait peut-être présomptueux. En revanche, on anticipe à chaque scène la suivante, comme si le scénario laissait derrière lui des petits cailloux qu’on ramasserait l’un après l’autre.
Il Maestro vaut surtout par l’interprétation de Pierfrancesco Favino (Dernière Nuit à Milan, Nostalgia). Le chouchou de ces dames est toujours aussi séduisant, même si le cheveu gras et le short Sergio Tacchini (j’avais le même quand j’étais classé 30/5) ne le mettent pas en valeur. J’avais trouvé dans la bande-annonce qu’il jouait faux. Mais force me fut de ravaler mes critiques jalouses à la vue de sa composition impeccable. Mention spéciale pour le jeune Tiziano Menichelli dans un rôle ingrat.