
Un couple invite un ami d’enfance pour résoudre leur problème d’infertilité.
Aussi sommairement résumé, La Petite Graine pouvait laisser craindre le pire : une comédie franchouillarde graveleuse et pas drôle, du théâtre mal filmé mettant en scène un quatuor d’acteurs, une intrigue se concluant inévitablement par la grossesse de l’héroïne qui retrouvera dans les bras de son époux, injustement délaissé, le chemin de l’amour et de la fertilité.
Mais le film des jumeaux Rifkiss n’est rien de tout cela. Certes sa structure rappelle les pièces de boulevard avec son lieu unique et son nombre limité d’acteurs ; mais il a l’intelligence d’utiliser les ressources qu’offre le cinéma et de dilater l’action sur plusieurs semaines sinon sur plusieurs mois. Son montage est ingénieux, qui ménage des ellipses, des coups d’accélérateur et des coups de frein.
Mais c’est surtout par son propos, tout en finesse, que La Petite Graine se distingue. Entre la comédie lourde et le film dossier de l’écran sur le-douloureux-parcours-des-parents-en-PMA, il trouve un chemin à la fois drôle et subtil. La Petite Graine est un film qui fait sourire et même qui fait rire tant certaines de ses situations sont désopilantes. Mais il le fait sans vulgarité, sans lourdeur. Sébastien Chassagne (Baise-en-ville, Nous les Leroy, Yannick…), époux stérile mais aimant, incarne à la perfection cet humour pince-sans-rire. Louise Massin n’a pas le physique d’une jeune première ; mais elle crève l’écran avec ses kilos en trop, son humour inoxydable et son cœur débordant.
La Petite Graine a un seul défaut : ses bonnes idées, comme celle qui conclut le film, se voient venir longtemps avant. Mais c’est un défaut qu’on a tôt fait de lui pardonner.
PS : Il a une dernière qualité : grâce à lui, j’aurai appris un mot rare, cryptorchidie.