Bastien a treize ans. « Bientôt quatorze » ajoute-t-il dans le désir de se vieillir d’une année à cet âge charnière. Il vit en France et vient passer ses vacances dans une cabane perdue au fond des Laurentides au Québec. Ses parents et lui y retrouvent une amie et sa fille, Chloé, qui vient d’avoir seize ans. Entre les deux adolescents s’installe vite une complicité ambiguë.
Charlotte Le Bon, une actrice québécoise qu’on regrette de ne plus avoir vue depuis longtemps à l’écran, passe derrière la caméra pour son premier film. Elle s’est inspirée de Une sœur, un roman graphique de Bastien Vivès (l’auteur de Polina qui avait déjà été adapté à l’écran), dont l’action se déroulait en Bretagne. Elle en transpose l’action dans les Laurentides où elle passa toutes ses vacances pendant son enfance. Elle y filme, comme on en a déjà tant vu, une initiation amoureuse entre deux adolescents. Mais elle le fait avec une immense sensibilité.
Bastien et Chloé ont trois ans d’écart. Mais un monde les sépare. Lui entre dans l’adolescence ; elle est sur le point d’en sortir. Il ne se passe pas grand chose dans ce film qui ne quitte guère le petit chalet au fond des bois où les estivants se sont installés et le lac avoisinant où ils vont se rafraîchir. Pas grand chose jusqu’à son dénouement aussi surprenant que logique.
Plane au dessus de Falcon Lake une ombre menaçante. Une légende urbaine – ou plutôt forestière – voudrait qu’un fantôme qui s’y est jadis noyé hante ses berges. Cette légende a beaucoup impressionné Chloé qui, avec le goût, vaguement gothique, du paranormal qu’ont parfois les ados à cet âge, s’essaie à reconstituer, avec l’aide de Bastien, des scènes morbides et à les photographier.
Joseph Engel, que Louis Garrel avait déjà dirigé dans L’Homme fidèle et dans La Croisade, interprète à la perfection la confusion des sentiments, la peur du sexe et son attrait, l’enthousiasme des premières fois et les déchirements qu’elles provoquent. La révélation Sara Montpetit lui donne la réplique.
Couronné par le prix Louis-Delluc du premier film, Falcon Lake malgré son apparente modestie fait souffler un vent frais dans le genre pourtant essoré du coming-of-age movie.
Quelques mois à peine après la mini-série qui lui était consacrée, Malik Oussekine, bastonné à mort par la police dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, en marge des manifestations étudiantes contre le projet de loi Devaquet, revient en tête d’affiche. Une affiche qu’il partage avec un autre Arabe, tué le même soir que lui par une bavure policière aussi scandaleuse, mais dont la mémoire collective n’a pas retenu le nom : Abdel Benyahia.
Gabriel (Johan Heldenbergh), un quinquagénaire flamand, a décidé de tourner son premier film, un drame social, dans une cité HLM de Boulogne-Sur-Mer. Au terme d’un long casting, il a recruté quatre gamins Lily, Ryan, Jessy, Maylis pour tenir les rôles principaux de son film.
Lucas est un lycéen sans histoire. Il vit en Savoie entouré de l’affection aimante de sa mère (Juliette Binoche), professeure des écoles, et de son père (Christophe Honoré himself), prothésiste dentaire. Son homosexualité assumée ne pose aucun problème à sa famille. Sa vie éclate brutalement lorsque son père meurt dans un accident de la circulation. Son frère aîné (Vincent Lacoste), qui s’est installé à Paris, propose de l’héberger quelques jours pour lui changer les idées. Lucas y fait la rencontre de Lilio (Erwan Kepoa Falé), le meilleur ami de son frère, un artiste noir déclassé, et en tombe immédiatement amoureux.
César (Alex Lutz), un artiste raté, revient à Paris après trois ans d’absence. Il squatte l’appartement de son frère, dont l’épouse est sur le point d’accoucher. Il retrouve Salomé (Golshifteh Farahani), son amoureuse, qu’il avait abandonnée sans lui donner de nouvelles et qui élève désormais leur petite fille, âgée de trois ans. Est-il trop tard pour César pour se racheter et reconquérir Salomé ?
Fereshteh est une jeune Iranienne, installée de fraiche date à Téhéran, qui a caché à ses parents provinciaux sa grossesse et la naissance de son enfant dont le père refuse d’assumer la paternité. C’est la panique quand ses parents s’invitent chez elle sans préavis, risquant de découvrir le pot-aux-roses. Elle doit d’urgence vider son appartement des objets susceptibles de révéler l’existence de son bébé et le confier à un bon Samaritain pendant qu’elle accueillera ses parents.
Une jeune femme abandonne, par une pluvieuse nuit d’été, son bébé dans une « baby box » à Busan en Corée. Au lieu d’être recueilli par l’association charitable dont c’est le rôle, ce bébé est kidnappé, par deux filous, Dong soo, un enfant trouvé lui aussi, et Sang-hyeon (Song Kang-Ho, le héros de Parasite, dont l’interprétation ici lui a valu le prix d’interprétation masculine à Cannes), le propriétaire d’un pressing au bord de la faillite. Poursuivis par deux policières qui les traquent en attendant de les arrêter en flagrant délit et bientôt rejoints par la mère du bébé, prise de remords, Dong soo et Sang-hyeon prennent la route pour vendre le bébé à un couple en mal d’adoption.
Richie Bravo (Michael Thomas) est un crooner vieillissant qui chante des mélopées sirupeuses dans des thés dansants organisés pour quelques touristes allemandes du troisième âge dans la cité balnéaire de Rimini, sur la côte adriatique, à la morte saison. Il vivote des cachets de ses concerts et des cadeaux de ses amantes, vieilles et esseulées. Sa mère vient de mourir en Autriche et son père se meurt dans un EHPAD. La vie de Richie Bravo bascule lorsque sa fille, Tessa, lui rend visite à Rimini et exige qu’il lui paie les pensions alimentaires qu’il n’a jamais versées à sa mère.
Hélène (Vicky Krieps) est frappée d’une maladie mortelle, une fibrose pulmonaire idiopathique (FBI) qui risque de l’asphyxier si elle n’est pas greffée. L’attention aimante de son conjoint, Matthieu (Gaspard Ulliel), ne suffit pas à réconforter la jeune femme qui décide de fuir, seule, en Norvège pour y décider de son destin.
Vous aimez le journalisme ? Vous aimez la politique ? ce documentaire est pour vous.