L’Heure de la libération a sonné ★☆☆☆

De 1964 à 1976, la région du Dhofar, à l’ouest du sultanat d’Oman, fut le théâtre d’une guerre civile. Elle opposa le régime du sultan Qabous, soutenu par le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Iran du Shah et la Jordanie, à un mouvement de libération nationale d’obédience maoïste.
Jeune réalisatrice libanaise, formée à l’ethnologie en France, Heiny Srour réussit à rassembler les fonds nécessaires pour monter une expédition et se rendre à pied, sous les bombardements de la Royal Air Force, dans les camps du PFLOAG (Popular Front for the Liberation of Oman and the Arabian Gulf). Elle en ramena un témoignage unique qui sortit sur les écrans en novembre 1974 et qui, restauré, ressort en salles en avril 2026.

Ce documentaire a valeur historique. Il témoigne d’une page de l’histoire oubliée, d’une guerre de libération populaire au cœur de la péninsule arabique, à la frontière avec le Yémen du Sud, où venait de s’installer en 1970 un régime communiste. Le film proprement dit, qui dépasse à peine une heure, compte deux parties. Dans la première, qui se veut très pédagogique, il contextualise la guerre du Dhofar, évoque la colonisation britannique à Oman, le pouvoir féodal du sultan Saïd, son renversement par son fils et l’accession d’Oman et des autres Etats du Golfe à une « indépendance de papier » sous la férule britanno-américaine.

La seconde est la plus intéressante. Elle contient les images ramenées par Heiny Srour des camps de la guérilla. On y voit les combattants en armes, les enfants eux aussi en uniforme dans une vaste école de tentes, une ferme-pilote…

Aucune distance critique n’est prise dans ce film qui ressemble à un trac propagandiste en faveur de la guérilla. Certains aspects de son action sont certes remarquables : le refus du tribalisme, la promotion des femmes qu’on voit, les cheveux courts, la tête dévoilée, porter les armes comme les hommes. D’autres sont plus critiquables comme ces enfants qui dès leur plus jeune âge sont enrégimentés dans les rangs du mouvement.

Le documentaire ne nous dit pas que la guérilla a rendu les armes deux ans plus tard, défaite par la coalition des forces omanaises et occidentales, victime de ses divisions entre ceux qui prônaient la négociation avec Mascate et ceux qui revendiquaient la lutte à mort, fragilisée surtout par la politique d’ouverture du sultan Qabous qui, avec les dividendes du choc pétrolier de 1973, a conduit son pays sur la voie de la prospérité et l’a sorti de l’arriération dans laquelle son père l’avait laissé croupir.

La bande-annonce

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