
Obligée de quitter la Suède et de suivre son père recruté dans une entreprise en redressement judiciaire à Trieste, Frederika entre dans un lycée technique italien dont elle est la seule fille de la classe de terminale. Après un sévère bizutage, elle se lie d’amitié avec une bande de trois garçons : Pasini, séducteur indécrottable, Antaro, beau ténébreux amateur de poésie et Mitis, gros nounours rassurant.
Réalisatrice en 2021 de Piccolo Corpo, un film historique qui se déroulait déjà dans la même région du Frioul, limitrophe entre l’Italie et la Slovénie, Laura Samani a utilisé ses souvenirs du lycée pour adapter un vieux roman d’un auteur quasiment inconnu de ce côté-ci des Alpes, Giani Stuparich, Un anno di scuola (1929).
Présenté l’an passé dans une section parallèle de la Mostra de Venise, Une année italienne est un film qui doit beaucoup à la fraîcheur de ses jeunes acteurs : Stella Wendick, au charme irrésistible, et Giacomo Covi, prix du meilleur acteur de la section Orizzonti à Venise.
C’est moins une comédie américaine de lycée avec ses gags lourdingues qu’un récit initiatique sur la fin de l’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte. Son action se déroule en 2007, à l’époque de l’entrée de la Slovénie dans l’Union européenne et de la suppression des contrôles douaniers à la frontière italo-slovène. Cette ouverture résonne avec celle que les protagonistes du film s’apprêtent à vivre, qui quitteront l’an prochain le cocon rassurant de Trieste pour entreprendre, à Bologne ou à Florence, des études supérieures.
On pense au quatuor d’amis de Stand by me – raconté en flashback par un narrateur qui a quitté ses jeunes amis pour faire sa vie ailleurs. On pense aussi au groupe cosmopolite de colocataires de L’Auberge espagnole et aux intrigues amicalo-amoureuses qui s’y nouent. Sans doute pas un film inoubliable mais, dans le genre, une parfaite réussite pleine de nostalgie et de vitalité.